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Bulletin Quotidien Europe N° 10786
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) États-unis

Les négociations de libre-échange suscitent de grands espoirs

Bruxelles, 14/02/2013 (Agence Europe) - La perspective d'une zone de libre-échange transatlantique, la plus vaste au monde, suscite l'enthousiasme débordant des dirigeants européens (EUROPE n° 10785).

Un game-changer, selon José Manuel Barroso. Le président de la Commission européenne, qui a annoncé, conjointement avec le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, et le président américain, Barack Obama, mercredi 13 février, la décision de l'UE et les États-Unis de négocier un accord commercial doublé d'un partenariat sur l'investissement, s'est félicité que l'initiative soit « désormais possible », après plusieurs tentatives infructueuses par le passé, dues à d'importantes « résistances ». « Un futur accord entre les deux plus importantes puissances économiques mondiales sera un 'game-changer'. Ensemble, nous formerons la plus grande zone de libre-échange dans le monde. Donc, cette négociation va constituer la norme - non seulement pour nos échanges et investissements bilatéraux futurs, incluant les questions de réglementation, mais aussi pour l'élaboration de règles commerciales mondiales », a expliqué M. Barroso devant la presse mercredi. À court terme, il serait aussi un instrument idéal pour soutenir la reprise de la croissance dans deux économies essoufflées par une des plus importantes crises économiques depuis 1945. « Un accord donnera une impulsion forte pour nos économies », dont « un stimulus d'un demi point de PIB pour l'UE, qui se traduira par des dizaines de milliards d'euros chaque année et des dizaines de milliers de nouveaux emplois », a insisté le chef de l'exécutif européen. « Cela nous offre une grande perspective à un moment où nous prenons peu à peu le chemin de la guérison. Et, plus important encore, il s'agit d'un coup de pouce à nos économies qui ne coûte pas un centime de l'argent des contribuables », a-t-il ajouté. « [Notre décision] envoie un signal positif à tous de part et d'autre de l'Atlantique. Elle donne l'assurance que nous ne plaisantons pas, aux consommateurs individuels et aux ménages comme aux entreprises et aux commerçants », a encore considéré M. Barroso, appelant à « agir vite » pour entamer des négociations qui ne seront toutefois « pas faciles ».

Une alliance révolutionnaire, selon Karel De Gucht. Le commissaire au Commerce s'est de son côté réjoui du « feu vert », donné au plus haut niveau, à des négociations de libre-échange avec les États-Unis, qu'il espère conclure d'ici deux ans. Soit le délai qui le sépare du terme de son mandat. Conscient que « cette entreprise ne sera pas facile », M. De Gucht privilégie toutefois « l'ambition plutôt que la rapidité ». « Cette alliance économique transatlantique sera révolutionnaire. Une occasion pour nous de façonner notre relation économique pour les décennies à venir, et de travailler à des règles mondiales », a expliqué le commissaire, insistant notamment sur l'élément phare d'un futur accord, à savoir la levée des barrières non tarifaires. « Les obstacles qui se trouvent derrière la frontière douanière - comme les différences dans les règlements techniques, les normes et les certifications, coûtent du temps et de l'argent. C'est là que nous pouvons réaliser de réelles économies pour nos entreprises et apporter une meilleure valeur pour les consommateurs. En fait, ces obstacles sont estimés être équivalents à des droits de douane traditionnels frappant un produit entre 10 et 20% », a précisé M. De Gucht. Pour son homologue à l'Agriculture, Dacian Ciolos, un futur accord « devrait offrir des possibilités d'exportation supplémentaires pour des produits agricoles de l'UE, en particulier pour ses produits de qualité à forte valeur ajoutée ». « En ce sens, un résultat exhaustif sur les indications géographiques sera essentiel », détaille M. Ciolos, dans un communiqué. « Nos relations avec les États-Unis sont bien meilleures qu'elles ne l'ont été pendant de nombreuses années, avec la résolution du différend de longue date sur le bœuf aux hormones, et une coopération réglementaire sans précédent à travers notre accord d'équivalence biologique », ajoute le commissaire à l'Agriculture. Qui promet toutefois d'être « soucieux de protéger certains produits sensibles » pour lesquels l'UE « a des intérêts défensifs ».

Un plus pour la gouvernance mondiale, selon Martin Schulz. Le président du Parlement européen se réjouit de son côté de la perspective d'un accord qui « contribuera, par l'intégration des réglementations, à l'élaboration de normes mondiales et au renforcement de la gouvernance mondiale ». « Les législateurs auront un rôle crucial à jouer. Le Parlement européen attend avec impatience de renforcer ses liens de longue date avec le Congrès américain, et d'intensifier le dialogue transatlantique. À l'ère de la mondialisation, nous devons coopérer plus que jamais pour défendre notre modèle démocratique et sociétal. Ce nouvel accord nous aidera à atteindre cet objectif pour nos peuples respectifs », conclut M. Schulz.

Dublin veut assurer un bon départ. Au nom de la Présidence irlandaise du Conseil, le ministre des Entreprises, Richard Bruton, souligne qu'un accord offrirait « des bénéfices annuels de plus de 100 milliards d'euros pour chacun des partenaires, (…) des gains cruciaux dans la période actuelle ». « Nous allons tirer le meilleur parti de la relation étroite entre l'Irlande et les États-Unis pour assurer que les négociations prennent un bon départ sous notre présidence », a ajouté le chef de la diplomatie irlandaise, Eamon Gilmore. Dublin accueillera en avril une réunion des ministres européens du Commerce consacrée au dossier. (EH)

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