Bruxelles, 14/02/2013 (Agence Europe) - La Commission européenne a clarifié, jeudi 14 février, les déclarations du commissaire chargé de l'euro, Olli Rehn, relatives à une possible future réduction du salaire minimum en Grèce. « La réponse de M. Rehn à deux parlementaires européens a été mal interprétée », a déclaré Simon O'Connor, son porte-parole. Selon lui, les propos de M. Rehn n'annoncent rien de nouveau et font simplement référence à ce qui a été convenu en novembre 2012 lors de la mise à jour du mémorandum grec. En 2014, une révision du salaire minimum est prévue pour améliorer « sa simplicité et son efficacité, afin de promouvoir l'emploi, de réduire le chômage et d'aider à la compétitivité de l'économie ». Selon M. O'Connor, cela n'implique pas de nouvelles coupes dans les salaires. Mercredi, le ministre grec des Finances, Yannis Stournaras, avait également démenti les rumeurs relayées par la presse grecque sur ce sujet.
Dans une lettre envoyée notamment aux ministres des Finances (voir autre nouvelle), le commissaire Rehn a pris part à un autre débat, concernant l'impact des politiques d'austérité sur le programme d'ajustement économique grec. Deux experts du FMI ont reconnu avoir sous-estimé les conséquences de l'austérité sur la récession, laissant entrevoir à Athènes la possibilité d'un assouplissement des conditions assorties à l'aide financière octroyée. « Les études récentes sur le multiplicateur ne sont que d'un usage restreint quand il s'agit de la Grèce », écrit-il. Et de citer Olivier Blanchard, un des deux experts du FMI, qui a déclaré dans une carte blanche du quotidien Ekathimerini ce week-end que « ce serait une lecture erronée de l'histoire » d'associer les sous-performances d'Athènes à la conception même du mémorandum. M. Rehn a également mis en exergue d'autres facteurs négatifs qui ont pesé sur le programme grec, tels que « l'incertitude persistante et les problèmes dans la mise en œuvre » dans les premières années de ce programme. Cela aurait bloqué « l'effet de confiance » qui aurait pu adoucir l'impact récessif de la consolidation budgétaire. Confiance désormais retrouvée grâce à l'accord des Dix-sept du mois de décembre, à ses yeux. Dans cet accord figurait par ailleurs l'octroi de deux années supplémentaires à Athènes pour atteindre ses objectifs de réduction du déficit. La lettre de M. Rehn intervient alors que M. Stournaras avait fait part, au terme de la réunion des Dix-sept lundi, de son intention de demander au FMI des clarifications sur les conséquences que pourraient avoir sur le programme grec les erreurs commises lors du calcul de l'impact des politiques d'austérité (EUROPE n° 10784). (EL)