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Bulletin Quotidien Europe N° 10780
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / (ae) tunisie

Marzouki reçu au Parlement européen

Bruxelles, 06/02/2013 (Agence Europe) - Le président du Parlement européen, Martin Schulz, et le chef de l'État par intérim de la Tunisie, Moncef Marzouki, reçu ce mercredi matin pour un discours solennel lors de la plénière à Strasbourg, ont condamné en commun l'assassinat, le matin même, d'une des figures marquantes de l'opposition de gauche, Chokri Belaïd.

« Il s'agit d'une tentative de déstabilisation de la Tunisie », a dit Moncef Marzouki. « Ceux qui ont brûlé les marabouts ces dernières semaines, pour porter atteinte à l'islam traditionnel tunisien cherchent à pousser à la confrontation les laïques et les croyants simplement pieux et à mettre en difficulté une coalition au pouvoir composée de 'laïcs modérés' et 'islamistes modérés' ».

Il s'en est pris dans son discours solennel aux salafistes et à leur volonté de s'attaquer aux « acquis de la Tunisie », a-t-il dit en substance, affirmant cependant son espoir que le peuple tunisien saura résister même si « le chemin est plein d'embûches ». Il a récusé l'expression « hiver islamiste ». « Il n'y a rien à craindre des révolutions arabes », a-t-il soutenu, rappelant que la révolution tunisienne a eu lieu sans slogans anti-Occidentaux ou contre Israël.

Il a aussi évoqué les évolutions internes et appelé à la création d'une enceinte internationale de recours contre les atteintes aux droits démocratiques.

M. Schulz a dit son émotion d'accueillir M. Marzouki dans l'enceinte du Parlement, regrettant, lors de la conférence de presse, le faible soutien européen aux pays en transition. Il a promis qu'un effort budgétaire serait fait. M. Marzouki a remercié l'Allemagne, seul pays européen à avoir effacé la dette tunisienne.

Les socialistes et les démocrates au Parlement européen réclament le respect des libertés et des droits fondamentaux pour tous les citoyens tunisiens indépendamment de leur appartenance politique, et condamnent avec force l'assassinat politique de Chokri Belaïd en Tunisie. Véronique De Keyser (S&D, belge) a demandé aux autorités tunisiennes de prendre les mesures nécessaires pour que toute la lumière soit faite sur ce crime immonde. « Nous réitérons une fois encore notre demande d'une transition démocratique, dont la garantie fondamentale est fondée sur un État de droit doté d'une justice indépendante, respectueux de la liberté d'expression et du pluralisme des médias », ajoute le groupe S&D. Enfin, il rappelle que l'État tunisien doit être garant du respect de la dignité, de la liberté, de l'égalité et des droits fondamentaux pour tous en Tunisie. (FB)

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