Strasbourg, 06/02/2013 (Agence Europe) - La pression monte d'un cran encore à propos des méga-camions. Dans une seconde lettre, le président du Parlement européen, Martin Schulz, demande à son homologue à la Commission européenne, José Manuel Barroso, de veiller à ce que la question de l'autorisation du trafic transfrontalier des méga-camions soit incluse dans la révision à venir de la directive sur les poids et dimensions des camions (CE 96/53). Chose que l'exécutif rechignerait à faire. Petit rappel des faits: au printemps 2012, le commissaire européen aux Transports, Siim Kallas, « réinterprétait » la législation européenne afin d'autoriser le trafic transfrontalier des méga-camions entre pays consentants, s'attirant le courroux du Parlement européen qui n'avait pas été consulté. L'accrochage avait déjà donné lieu à des échanges de lettres entre M. Barroso et M. Schulz, le Parlement veillant à ce que son rôle de co-décideur soit respecté. « L'incertitude juridique » ayant été reconnue, autant MM. Kallas (juin) que Barroso (juillet) avaient promis que la problématique serait à l'agenda de la révision de ladite directive. Or, en session plénière en janvier dernier, le commissaire européen se serait défilé en arguant que c'était aux députés d'amender la révision de la directive en conséquence, car la Commission ne s'en chargerait pas. De quoi attiser encore le courroux des députés, à tel point que M. Schulz a adressé une seconde lettre à M. Barroso le 30 janvier dernier. Le président du Parlement européen y souligne « la contradiction » et rappelle le droit d'initiative de la Commission. Il ajoute croire « fermement que la Commission a la responsabilité de clarifier la législation européenne sur la question des méga-camions et je vous demande urgemment d'inclure cet aspect dans la proposition de la prochaine révision avant de le soumettre aux co- législateurs ». C'est une initiative vivement saluée par Michael Cramer (Verts/ALE, allemand) qui estime que le Parlement ne peut « tolérer que la Commission courbe l'échine devant les pressions du lobby et change la législation européenne en son parfait contraire. Le président Martin Schulz a été clair comme de l'eau de roche dans sa lettre ». (MD)