Bruxelles, 06/02/2013 (Agence Europe) - Les groupes politiques de droite (ADLE, PPE, CRE) et de gauche (S&D, Verts/ALE, GUE/NGL) au Parlement européen s'opposent frontalement sur la politique économique à mener en Europe, alors que le PE doit adopter, ce mercredi 6 février, sa position sur l'Examen annuel de la croissance, document qui marque le début du processus budgétaire du 'Semestre européen'.
Après avoir une première fois rejeté le projet de rapport d'Elisa Ferreira (S&D, portugaise) (EUROPE n° 10770), la commission des Affaires économiques et monétaires est parvenue, lundi 4 février, à soumettre un texte au vote de la session plénière. « Il y a une coalition » des groupes ADLE, PPE, CRE en faveur d'« un certain rapport », il n'y a pas d'accord transversal sur le texte, décrypte-t-on au sein du PE.
« La majorité de droite » de la commission parlementaire « n'a pas accepté mon avis » de telle sorte que celui-ci est « amputé d'un certain nombre d'éléments », a déclaré Mme Ferreira, mardi lors du débat en plénière. Elle a dénoncé l'excès d'austérité qui sape la reprise économique, prenant exemple sur les prévisions de croissance contredites par la réalité, et elle a déploré le niveau inadmissible des déséquilibres macroéconomiques avec, d'un côté, « l'Allemagne, les Pays-Bas et le Luxembourg » qui enregistrent des excédents et, de l'autre, les pays de la périphérie qui accusent des déficits « incontrôlables ».
En vue du vote ce mercredi, le groupe S&D va déposer des amendements, soutenus par les autres groupes de gauche, réitérant sa position sur les éléments suivants: - l'austérité économique doit être étalée dans le temps en utilisant la marge de flexibilité du Pacte de stabilité et de croissance amendé ; - la Commission européenne doit réviser les modèles utilisés en les basant sur une estimation affinée de l'impact de l'austérité sur l'économie ; - la lutte contre l'évasion et la fraude fiscale doit être renforcée. Des éléments que la contribution de la commission emploi, soumise au vote jeudi, reprend à son compte.
Reconnaissant que le rapport constitue « en large partie le fruit de la réflexion des groupes PPE, ADLE et CRE », Jean-Paul Gauzès (PPE, français) a critiqué l'attitude du rapporteur. « Nous sommes dans une démocratie. Les voix se comptent, et lorsqu'on n'a pas une attitude de compromis, on aboutit à ce que chacun revienne sur ses positions initiales. C'est ce qui s'est passé », a-t-il estimé. Il a apporté le soutien du PPE à la Commission qui appelle à la poursuite de la consolidation budgétaire et des réformes structurelles et doit proposer des mesures stimulant la croissance. « Mais il n'est pas acceptable pour nous de dire que la situation que nous connaissons actuellement ne serait que le résultat de politiques d'austérité », a-t-il ajouté. (MB)