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Bulletin Quotidien Europe N° 10778
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) pÊche

Les professionnels s'inquiètent des modalités d'interdiction des rejets

Bruxelles, 04/02/2013 (Agence Europe) - À quelques jours du vote en plénière du rapport de Ulrike Rodust (S&D, allemande) sur le règlement de base réformant la politique commune de la pêche (PCP, EUROPE n° 10777), Europêche et le COPA-COGECA, représentant les intérêts de l'armement à la pêche et de l'aquaculture en Europe, se disent très préoccupés par les modalités prévues dans ce rapport d'interdiction des rejets en mer.

« L'objectif radical d'une interdiction rapide de la pratique des rejets en mer de poissons et l'obligation y associée d'enregistrer et de débarquer toutes les captures d'espèces exploitées et réglementées selon un calendrier précis commençant au plus tard à compter du 1er janvier 2014 préoccupe vivement le secteur européen de la pêche. Il sera sans conteste très difficile à réaliser aussi vite car les navires ne sont équipés ni en jauge, ni en possibilités de stockage pour débarquer au port tout le poisson pêché. Le secteur se prononce dès lors en faveur d'une démarche graduelle et non précipitée, pêcheries par pêcheries, associée à des mesures techniques et commerciales acceptées par les pêcheurs », peut-on lire dans une lettre de ces associations envoyée le 1er février au président du Parlement européen, Martin Schulz.

Europêche et le COPA-COGECA demandent en outre qu'avant la mise en œuvre de l'obligation de débarquer toutes les captures, la Commission réalise « une étude sur la situation réelle des rejets et l'impact de l'obligation de débarquement dans différentes pêcheries ». Cette étude devrait, selon les professionnels, évaluer la situation des pêcheries mixtes (activités où plusieurs espèces de poissons sont capturées au même moment) et dresser une liste des mesures appropriées pour en arriver à une réduction « graduelle et aussi significative que possible » des rejets dans les eaux de l'UE. Il est enfin important, selon ces organisations, d'exclure de l'obligation de débarquement: - les espèces capturées qui pourraient être utilisées comme appâts vivants ; - les espèces qui ont une probabilité de survie élevée après capture, si elles sont rejetées en mer ; - et les espèces qui, lors des marées de plus de vingt-quatre heures, se détériorent rapidement et qui peuvent de ce fait affecter la conservation adéquate des captures à bord.

Partageant le souci de la Commission de placer la durabilité au cœur de la future PCP, Europêche et le COPA-COGECA considèrent qu'il est nécessaire de garantir un équilibre entre les trois dimensions de celle-ci (environnementale, économique et sociale), afin d'assurer le bon état de la ressource, gage de pérennité de la profession, et pour maintenir un secteur de la pêche et de l'aquaculture en Europe qui soit à la fois viable et rentable, décent et compétitif.

L'objectif de rendement maximum durable d'ici 2015 est « trop rigide et irréaliste selon nous », lit-on dans la lettre. Il devrait plutôt être atteint « de façon graduelle et avec souplesse d'ici 2020 au plus tard, en fonction de la situation des différents stocks de poisson en Europe et en tenant dûment compte des problèmes liés aux pêcheries mixtes ».

L'objectif des plans pluriannuels de gestion des stocks de poissons est salué par la profession qui est favorable à leur établissement pour chaque pêcherie. Les plans doivent être fondés sur des avis scientifiques « exhaustifs et fiables » à la base des décisions de gestion des pêcheries et garantir une consultation approfondie des parties prenantes dans leur préparation. Ils doivent aussi prévoir les mesures et délais pour agir de façon à mener à bonne fin les mesures relatives à l'obligation de débarquer les captures.

Les concessions de pêche transférables sont rejetées par les membres de la commission de la pêche du Parlement européen. De l'avis d'Europêche et du COPA-COGECA, toute décision concernant l'établissement et l'allocation de ces concessions doit se faire « sur une base volontaire et donc relever des prérogatives des États membres, dans la mesure où nous considérons qu'elles peuvent s'avérer inappropriées pour la petite pêche côtière et qu'elles sont de toute façon inadaptées en Méditerranée ». Dans ce contexte, le secteur européen de la pêche prend acte avec intérêt de la volonté d'élargir la définition de la « pêche à petite échelle » pour tenir compte d'une série de critères autres que celui de la taille du navire.

L'objectif d'une plus grande régionalisation dans les décisions de gestion de la PCP est partagé par le secteur européen de la pêche qui estime que « la micro-gestion descendante au niveau de l'UE manque de souplesse et est mal adaptée aux conditions régionales et locales. En associant davantage le secteur aux décisions de gestion, l'on favorise une culture du respect des règles », selon les professionnels.

L'objectif d'intégrer pleinement le volet extérieur dans la PCP doit aller de pair avec un renforcement du rôle de l'UE sur la scène internationale. Les accords de partenariat dans le secteur de la pêche, tout comme les accords du Nord, « revêtent une importance essentielle pour la survie du secteur européen de la pêche. Non seulement ils permettent d'accéder aux surplus des ressources disponibles et d'approvisionner le marché communautaire en denrées alimentaires de haute qualité pour le consommateur, mais aussi ils contribuent au maintien des emplois en Europe et au développement du secteur de la pêche dans les pays partenaires », écrivent les organisations.

Enfin, l'objectif de promouvoir le développement durable et compétitif de l'aquaculture est capital et stratégique dans les années à venir pour l'alimentation européenne et mondiale. La compétitivité du secteur est « intimement liée à un strict contrôle des produits importés des pays tiers en Europe et à une égalité de traitement de tous les opérateurs sur le marché », concluent Europêche et le COPA-COGECA. (LC)

 

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