Strasbourg, 22/11/2012 (Agence Europe) - Dans la perspective d'un accord imminent avec le Canada et le lancement de négociations avec les États-Unis et le Japon, Paris réclame des concessions sur l'accès au marché, en particulier en matière de marchés publics.
La ministre française du Commerce extérieur, Nicole Bricq, recevra vendredi à Paris le commissaire Karel De Gucht, pour préparer la réunion du 29 novembre avec ses homologues européens, qui devraient donner leur feu vert au lancement de négociations de libre-échange avec le Japon. Elle réaffirmera la nécessité de la réciprocité dans les échanges avec son partenaire asiatique du G7, mais aussi avec le Canada et les États-Unis, en particulier en matière de marchés publics. « Nos marchés publics sont ouverts à 90 %, pendant que les marchés publics au Canada, aux États-Unis et au Japon, ne le sont que très partiellement. Ce n'est pas acceptable », a rappelé Mme Bricq devant la presse, lors d'une visite éclair au Parlement européen, mercredi 21 novembre à Strasbourg. La ministre française souhaite à cet égard que le projet de règlement sur l'accès aux marchés publics des pays tiers, présenté par la Commission européenne en mars dernier (EUROPE n° 10580) et qui doit désormais être amendé par le Parlement européen et le Conseil, soit adopté au plus vite, au printemps 2013. « On doit rapidement avoir ce texte dans notre poche. Il va beaucoup nous servir dans les négociations avec le Japon et les États-Unis », a-t-elle insisté.
Vendredi, Mme Bricq devrait aussi rappeler au commissaire De Gucht « les principes qui définissent la position de la France dans les négociations de libre-échange à venir ». « Pour que les futurs accords soient de bons accords, il faut qu'on ait clairement l'emploi en ligne de mire, la réciprocité dans les échanges, des exigences sociales et environnementales les plus élevées possibles, et la possibilité d'inclure des clauses de sauvegarde », a réitéré la ministre française, jugeant que les accords récemment conclus, tel celui avec la Corée du Sud, l'avaient peut-être été de manière un peu trop « rapide ». En vue des négociations avec le Japon, la France souhaite, outre l'ouverture des marchés publics et la levée des barrières non tarifaires, des concessions pour sa viande bovine, ses produits alimentaires, ses vaccins et ses médicaments, secteurs où elle s'estime « brimée » sur le marché nippon. Mme Bricq ne veut pas spéculer à ce stade sur les négociations avec les États-Unis, préférant se concentrer sur celles avec le Canada, qui pourraient aboutir « début 2013 ». La ministre française a sur ce point souligné ses attentes, en matière de services et de marchés publics, et ses lignes rouges en matière agricole et d'exception culturelle. « Ce que l'on cède au Canada, les États-Unis le demanderont », a-t-elle conclu. (EH)