Bruxelles, 22/11/2012 (Agence Europe) - Chypre est « très proche de la signature d'un protocole d'accord avec la 'troïka' » (Commission européenne, BCE, FMI), a annoncé le Président Demetris Christofias, jeudi 22 novembre par voie de communiqué. Celui-ci précise en outre qu'il reste quelques questions en suspens, pour lesquelles un compromis sera trouvé « très prochainement ». Son ministre des Finances, Vassos Shiarly, a évoqué une aide de 17 milliards d'euros, rapporte l'AFP.
Une source de la BCE a indiqué le même jour que sa délégation devait quitter l'île le soir même, sans pouvoir dire si une prochaine mission aurait lieu. Selon une source chypriote, qui a confirmé le départ de la 'troïka', les futurs créanciers auraient dû quitter Nicosie mardi 20 novembre, mais au vu de désaccords persistants, les négociations s'étaient poursuivies, contraignant le ministre chypriote des Finances, Vassos Shiarly, à ne pas se rendre à l'Eurogroupe extraordinaire sur la Grèce (EUROPE n° 10735).
Selon la même source, les autorités chypriotes refusaient, en premier lieu, de repousser l'âge de la retraite à 67 ans, contrairement à ce que préconisait la 'troïka', arguant que cette mesure ne serait pas porteuse d'emploi. Nicosie se montrait par contre prête à allonger le temps de travail de sa population à 64 ou 65 ans. La réduction des allocations de retraite provoquait également des remous, pas tant sur le principe, mais sur la manière de procéder. Nicosie avait aussi du mal à avaler la pilule des privatisations d'entreprises publiques, réclamées par les futurs bailleurs de fonds. Enfin, les parties n'étaient pas d'accord sur l'utilisation des bénéfices liés à l'octroi de concessions gazières. Nicosie souhaitait allouer cette manne à des mesures favorisant la croissance, alors que la 'troïka' demandait que ce montant serve à rembourser la dette publique.
Le quotidien Cyprus Mail a évoqué des discussions mouvementées, en particulier sur le montant de l'aide financière qui, selon la 'troïka', serait plus élevé que prévu. Bien que le chiffre ne soit pas encore connu, il s'agira probablement d'un montant à deux chiffres, en milliards d'euros. Un montant de 17,5 milliards d'euros est évoqué dont 10 milliards pour recapitaliser les banques chypriotes touchées par la crise grecque, 6 milliards pour le service de la dette chypriote et 1,5 milliard pour le fonctionnement de l'État. L'incertitude planant autour des besoins financiers est une des raisons qui a coûté à Chypre la dégradation de sa notation par l'agence de rating Fitch (BB+ à BB-), mercredi, assortie de surcroît d'une 'perspective négative'. Quant au prêt russe, l'île pourrait peut-être y renoncer, selon cette source, en fonction de l'aide qu'elle aura négocié avec l'UE. Le plan d'aide chypriote sera à l'agenda de l'Eurogroupe du 3 décembre. (EL)