Bruxelles, 22/11/2012 (Agence Europe) - Les agriculteurs des trois pays baltes veulent que les futurs paiements directs soient plus élevés pour eux, et c'est une demande reprise par leurs dirigeants dans les négociations sur le cadre financier pluriannuel 2014-2020. Près de cent agriculteurs venus de l'Estonie, de la Lettonie et de la Lituanie ont manifesté jeudi 22 novembre à Bruxelles, devant le bâtiment du Conseil européen, pour réclamer une part plus équitable des subventions agricoles.
Le montant moyen des paiements directs dans l'UE est de 269 euros par hectare, bien plus que ce que reçoivent les agriculteurs des pays baltes: Lituanie (144 euros/ha), Estonie (117) et Lettonie (97). Pays-Bas, Belgique et Italie touchent en moyenne respectivement 457, 435 et 404 euros par hectare.
Les propositions de la Commission sur la réforme de la politique agricole commune (PAC) permettraient d'augmenter les aides des pays baltes en 2017 à 144 euros/ha pour la Lettonie, 157 pour l'Estonie et 174 pour la Lituanie. Ces chiffres pourraient changer car les dirigeants de l'UE pourraient réduire l'enveloppe de la PAC de 2014 à 2020. Les pays baltes souhaitent que leur niveau d'aides directes se rapproche de la moyenne de l'UE (269 euros/ha).
« Nous souffrons de discriminations. Tous les agriculteurs de l'UE opèrent au sein du marché unique et les coûts de production sont identiques d'un pays à l'autre. Les agriculteurs respectent les mêmes normes environnementales, de bien-être animal et de sûreté alimentaire. Mais les soutiens directs de l'UE en faveur des pays baltes sont les plus bas », explique un représentant de ces agriculteurs.
Les agriculteurs baltes bénéficient du soutien de leur gouvernement même si l'heure est à un optimisme prudent dans un contexte de crise économique. « Il s'agit de l'une de nos priorités d'assurer des aides équitables dans l'Europe des 27 », a averti récemment le Premier ministre letton, Valdis Dombrovskis. « Il est impossible d'être concurrent sur le marché intérieur de l'UE si certains pays reçoivent des subventions bien plus importantes que celles destinées aux agriculteurs baltes », a-t-il expliqué.
Le ministre letton des Affaires étrangères, Edgars Rinkevics, a de son côté fixé deux « lignes rouges »: les Fonds de cohésion doivent rester au moins à leur niveau actuel et les agriculteurs lettons, les moins bien subventionnés par la PAC, selon lui, doivent être désormais traités sur un pied d'égalité avec les agriculteurs d'autres pays.
Outre la pérennité des exploitations agricoles, cette différence dans le montant des aides a également des conséquences sur la vie des villages. Il se passe un phénomène de désertification des villages, le chômage entraînant un exode rural. « Les écoles, les centres culturels, les crèches ferment, de même que certains magasins », explique un membre d'une organisation agricole. (LC)