login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10731
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) environnement

Un plan d'action pour préserver les ressources hydriques de l'UE

Bruxelles, 15/11/2012 (Agence Europe) - L'eau en Europe se fait soit trop rare soit trop abondante, et sa qualité laisse à désirer. Le programme relatif à la sauvegarde des ressources hydriques de l'Europe ('Blueprint to safeguard Water Ressourses'), adopté mercredi 14 novembre par la Commission européenne, est une stratégie à long terme pour assurer à l'UE la disponibilité d'une eau de qualité en quantité suffisante. Cette stratégie s'accompagne d'une proposition de plan d'action d'envergure pour assurer que toutes les eaux intérieures de l'UE atteindront un bon statut à l'horizon 2015, objectif déjà fixé par la directive cadre sur l'eau mais dont il est évident qu'il ne sera pas atteint sans mesures supplémentaires. À politique inchangée, seule la moitié des eaux européennes atteindra le bon statut écologique requis par cette législation. L'UE devra donc redoubler d'efforts pour régler les problèmes liés à la pollution de l'eau, au captage d'eau pour l'agriculture et la production d'électricité, à l'utilisation des sols, mais aussi aux effets du changement climatique.

« Nos eaux ne sont pas en bon état. Il faut des efforts renouvelés. Notre plan d'action a vocation à les réorienter pour assurer les besoins des populations, de l'économie et de l'environnement. Le plan contient de nombreuses propositions concrètes pour une meilleure intégration de l'eau dans les politiques sectorielles pertinentes et pour achever la mise en œuvre du cadre législatif. Il s'agit de faire plus, mieux, et du neuf», a résumé Janez Potocnik commissaire européen à l'Environnement, jeudi 15 novembre, en présentant cette initiative à la presse. Il a insisté à cet égard sur le rôle essentiel de l'agriculture pour l'intégration de ces préoccupations, et estimé que la réforme de la PAC, actuellement en négociation, sera déterminante. Au nombre des nouveautés introduites par ce plan, il a cité l'efficacité hydrique des bâtiments et la réutilisation de l'eau.

Loin de proposer une solution unique pour tous, le plan d'action propose aux États membres toute une panoplie d'instruments susceptibles d'améliorer la gestion de l'eau à l'échelle nationale, régionale et des bassins hydrographiques. « Il faut établir un équilibre durable entre la demande et l'offre dans ce secteur, en tenant compte des besoins tant des populations que des écosystèmes naturels dont elles dépendent. Nous voulons agir au niveau européen là où nous avons une valeur ajoutée », a précisé M. Potocnik.

Ainsi donc, le plan d'action s'articule autour de trois objectifs: - améliorer la mise en œuvre de la politique de l'eau actuelle en exploitant pleinement les possibilités offertes par la législation en vigueur. Il conviendrait notamment de favoriser le recours aux mesures de rétention naturelle des eaux, telles que la restauration des prairies humides et des plaines inondables, et d'améliorer la mise en œuvre du principe du 'pollueur-payeur' grâce au comptage, à la tarification de l'eau et à une meilleure analyse économique. Pour la tarification, le plan d'action propose « une méthodologie commune pour le calcul du recouvrement des coûts », a indiqué le commissaire ; - favoriser l'intégration des objectifs de la politique de l'eau dans l'agriculture, la pêche, les énergies renouvelables, le transport, ainsi que dans le Fonds de cohésion, les Fonds structurels et les prêts de la BEI ; - combler les lacunes de la législation cadre qui ne prévoit pas d'instrument pour la gestion rationnelle de l'eau. À cette fin, le plan d'action prévoit la fixation, par les États membres, d'objectifs en matière de comptabilité de l'eau et d'utilisation rationnelle de cette ressource, ainsi que l'élaboration de normes de l'UE relative à la réutilisation de l'eau.

La Commission précise que la protection de l'eau ne se réduit pas à une question d'environnement. C'est aussi une question de santé et de bien-être, qui a également des répercussions sur la croissance et la prospérité économiques. Aussi le plan d'action vise-t-il à garantir que le secteur de l'eau exploite pleinement ses possibilités de croissance et que tous les secteurs économiques dépendant de la disponibilité d'une eau de qualité puissent prospérer pour stimuler la croissance et la création d'emplois, en ouvrant la voie à des solutions novatrices.

Le calendrier du plan d'action sur l'eau coïncide avec celui de la stratégie EUROPE 2020 et de la feuille de route pour une utilisation efficace des ressources. Mais l'analyse présentée dans le plan d'action couvre une période plus longue, courant jusqu'à 2050, pour orienter les politiques de l'eau de l'UE à plus long terme. En dépit d'améliorations, les rivières, les lacs et les zones humides d'Europe sont confrontés à la pollution, la surexploitation et la dégradation des ressources hydriques. Le problème de quantité d'eau est tout aussi préoccupant, puisque les pays sont de plus en plus nombreux à souffrir de la rareté de cette ressource, tandis que d'autres subissent de plus en plus d'événements météorologiques exceptionnels comme les inondations. Le WWF voit dans ce plan d'action une étape importante et indispensable pour permettre la mise en œuvre effective de la directive cadre sur l'eau. Il salue cette initiative comme un moyen salutaire de redynamiser les États membres à l'heure où leurs efforts pour améliorer la santé et la qualité de leurs eaux décline. L'ONG tient à souligner que « la plupart des actions préconisées par la Commission ne seront possibles sans le soutien des États membres ». (AN)

Sommaire

INSTITUTIONNEL
POLITIQUES SECTORIELLES
ÉCONOMIE - FINANCES
SOCIAL
ACTION EXTÉRIEURE
COUR DE JUSTICE DE L'UE