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Bulletin Quotidien Europe N° 10731
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SOCIAL / (ae) social

Mobilisation générale et 'prix Nobel de l'austérité' pour Barroso

Bruxelles, 15/11/2012 (Agence Europe) - Dans plus d'une vingtaine de pays européens, des centaines de milliers de personnes se sont mobilisées mercredi 14 novembre pour exprimer leur colère et leur désarroi face aux politiques d'austérité menées par leur gouvernement. L'appel de la Confédération européenne des syndicats (CES) pour une « journée européenne d'action et de solidarité » a été entendu aussi bien à Paris, qu'à Varsovie ou à Berlin. Mais c'est bien l'Europe du Sud, avec en tête l'Espagne, qui a connu les rassemblements les plus massifs. Des cortèges imposants se sont déversés dans les rues madrilènes, mais également autour du Colisée romain ou de l'estuaire du Tage, fleuve portugais, à Lisbonne. Pour la CES, cela témoigne d'une « mobilisation très forte », qui a rassemblé au total « une cinquantaine d'organisations issues de 28 pays », a-t-elle indiqué à EUROPE, jeudi 15 novembre.

Espagne. Pour cette seconde grève générale que connaît l'Espagne en à peine 12 mois, ce sont des centaines de milliers de manifestants qui se sont rassemblés dans toutes les régions espagnoles. Si les griefs sont nombreux et divers - protestation contre les plans d'austérité, les banques et les expulsions de propriétaires surendettés, la pauvreté - ils se reflètent, du moins en partie, dans deux chiffres: 25,8 % et 0,3 %. Le premier est tout simplement le record parmi les Vingt-sept pays de l'UE du taux de chômage, alors que le second, qui vient à peine d'être annoncé, correspond à la contraction en termes réels du PIB espagnol pour le troisième trimestre 2012. C'est le quatrième trimestre consécutif où l'économie du pays se contracte. Selon les chiffres cités par le quotidien espagnol El Mundo, plus de 9 millions de travailleurs ont participé à la grève, alors que les divers cortèges de manifestants ont rassemblé quelque 800 000 personnes. Pour les syndicats espagnols, cette journée de mobilisation a été un succès, notamment parce qu'elle a été plus suivie que la précédente. Un succès qui a été toutefois entaché par plusieurs débordements qui ont provoqué des confrontations violentes avec la police et l'arrestation de plus d'une centaine de personnes.

Portugal. Comme en Espagne, la mobilisation a été très importante. Le taux de chômage y est relativement faible, comparé au voisin espagnol, mais il a nettement augmenté cette dernière année, passant de 13,1 % à 15,7 %. Sous le signe d'une « grève ibérique », le principal syndicat portugais (CGTB) a voulu montrer sa solidarité avec l'Espagne. « Cette première grève ibérique (est) un signal fort de mécontentement et un avertissement aux autorités européennes », a affirmé Armenio Carlos, secrétaire général de la CGTP, avant de saluer la paralysie du métro de Lisbonne et le blocage « quasiment total dans les transports routiers, ferroviaires et fluviaux », relate l'AFP.

Italie. À l'appel du plus important syndicat italien (CGIL), une grève générale de quatre heures s'est déroulée dans les plus importantes villes en Italie. La mobilisation semble avoir été moins importante qu'en Espagne ou au Portugal. Mais le marché du travail s'y porte aussi beaucoup mieux, avec 10,8 % de chômeurs parmi la population active, soit moins que la moyenne dans la zone euro. La presse italienne évoque des dizaines de milliers de personnes dans 87 villes. À Rome, ce sont quelque 60 000 personnes qui ont manifesté. Milan, Turin et Rome ont connu des affrontements durant la journée et le soir. Des cortèges de lycéens et d'étudiants ont parfois mené de véritables batailles rangées avec la police anti-émeute.

Grèce. Avec un PIB en repli de plus de 7 % sur un an et un chômage en hausse constante (25,1 %), la Grèce ne compte plus le nombre de manifestations et de grèves qui se déroulent sur son sol. Pour cette « journée européenne » d'action syndicale, les principaux syndicats du public et du privé ont organisé un arrêt de travail général pour quatre heures. Des cortèges de plusieurs milliers de personnes, selon les médias grecs, se sont formés devant le parlement à Athènes.

Bruxelles. La capitale de la Belgique a également été secouée par des mouvements de solidarité avec l'Europe du Sud. Toutefois, c'est plutôt à travers des actions symboliques que la contestation s'est exprimée contre des mesures d'austérité jugées « suicidaires », selon le terme employé par Anne Demelenne, la secrétaire générale de la FGTB, relate l'agence Belga. Les représentants syndicaux ont ainsi jeté des œufs sur l'ambassade de l'Allemagne. Par ailleurs, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a été récompensé par un 'prix Nobel de l'austérité', lors d'une rencontre avec une délégation de la CES. En réponse à cette journée, la Commission demande un peu de patience aux personnes touchées par la crise. « Les temps sont très durs pour les gens (…), mais nous devons d'abord nettoyer le secteur financier, reprendre le contrôle des finances publiques et entamer des réformes économiques pour stimuler la croissance », a dit à EUROPE la porte-parole de la Commission. « Ces réformes peuvent conduire à une contraction à court terme de la croissance, mais donneront des résultats à long terme », a-t-elle assuré. (JK)

 

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