login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10731
Sommaire Publication complète Par article 10 / 37
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) pÊche

Surpêche, huit pays tiers dans le collimateur de la Commission

Bruxelles, 15/11/2012 (Agence Europe) - La Commission européenne a annoncé jeudi 15 novembre qu'elle avertissait huit pays tiers pas assez sérieux dans la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN). Les pays concernés sont le Belize, le Cambodge, les Fidji, la Guinée, le Panama, le Sri Lanka, le Togo et le Vanuatu. La Commission recense des lacunes concrètes, telles que l'insuffisance des mesures prises pour pallier les insuffisances constatées en matière de suivi, de contrôle et de surveillance de la pêche et propose des mesures correctives pour y remédier. La décision ne contient, à ce stade, aucune sanction commerciale. Elle a été notifiée aux huit pays concernés qui disposent d'un délai raisonnable pour répondre et prendre des mesures pour remédier à la situation. La Commission a également proposé un plan d'action pour chaque pays. Si aucune amélioration n'est constatée, l'Union européenne pourrait prendre d'autres mesures susceptibles d'inclure des mesures commerciales, telles qu'une interdiction de vendre des produits de la pêche à l'Union européenne.

« Il ne s'agit pas d'une liste noire, mais d'un carton jaune. Nous souhaitons que ces pays s'associent à la lutte contre la pêche illicite. Nous voulons qu'ils améliorent leurs systèmes juridiques et de contrôle conformément aux règles internationales. Mais nous tenons aussi à signaler au monde entier que l'Union européenne ne tolérera pas la pêche INN, une activité criminelle qui porte préjudice aux moyens de subsistance des communautés de pêcheurs et appauvrit les stocks halieutiques. Il faut y mettre un terme par tous les moyens », a commenté Maria Damanaki, la commissaire européenne à la Pêche.

Lors d'une conférence de presse, la commissaire a indiqué que l'UE et les États-Unis sont les seuls pays au monde à avoir une telle ligne de conduite. Elle a ajouté que, par cette action, la Commission entame une procédure de dialogue et de coopération dont l'objectif est de corriger le tir. « Nous allons ensuite évaluer les progrès de chaque pays de manière individuelle. Le premier rapport est attendu dans les 6 mois à partir de maintenant. Ensuite, nous pourrons examiner la possibilité de mesures supplémentaires », a-t-elle précisé devant les médias.

La décision repose sur le règlement de l'Union concernant la pêche INN, qui est entré en vigueur en 2010. Cet instrument essentiel pour lutter contre la pêche illicite vise à autoriser l'accès au marché de l'Union exclusivement aux produits de la pêche qui ont été certifiés conformes aux règles par l'État du pavillon ou par l'État exportateur concerné.

Selon les estimations, les activités de pêche illicite représenteraient une valeur totale d'environ 10 milliards d'euros par an, soit 19 % de la valeur déclarée des captures. Chaque année, entre 11 et 26 millions de tonnes de poissons sont capturées de manière illicite, ce qui correspond à au moins 15 % des captures au niveau mondial. On estime que 16 % de tous les poissons pêchés en mer et importés dans l'Union sont capturés de manière illicite.

Le groupe des verts au Parlement européen s'est félicité de la publication de cette liste noire, « un outil essentiel pour sanctionner la pêche illégale et y mettre un terme. Cette forme de piraterie menace les stocks de poissons les plus vulnérables qui représentent jusqu'à un tiers des captures mondiales. L'Union européenne a mis en place des règles pour lutter contre la pêche INN mais cette pratique illégale et destructrice continue à l'échelle mondiale » ; a commenté Jean-Paul Besset. Il ajoute que des compagnies de pêche européennes battant pavillon dans les pays identifiés dans cette liste noire ou qui exploitent les eaux de ces mêmes pays échappent à la réglementation européenne. (LC)

Sommaire

INSTITUTIONNEL
POLITIQUES SECTORIELLES
ÉCONOMIE - FINANCES
SOCIAL
ACTION EXTÉRIEURE
COUR DE JUSTICE DE L'UE