Bruxelles, 23/10/2012 (Agence Europe) - Herman Van Rompuy, président du Conseil européen, a appelé, mardi 23 octobre, les députés européens à baser leur position sur l'éventuelle nomination au directoire de la BCE du Luxembourgeois Yves Mersch uniquement sur des questions liées à la compétence. La commission des Affaires économiques et monétaires du PE avait rendu, la veille, un avis négatif non contraignant après un échange de vues avec le candidat. Le problème que pose cette nomination, aux yeux des députés, consiste en l'absence de représentation féminine au sein du directoire de l'institut de Francfort.
En vue du vote en plénière, jeudi, sur la candidature de M. Mersch, le président du Conseil européen a espéré que le PE fondera « sa décision finale sur le candidat actuel sur la base seule de ses qualifications. Il est urgent que poste ne soit plus vacant ». Des propos qui n'ont toutefois pas convaincu les eurodéputés. Le président du groupe S&D, Hannes Swoboda, a qualifié l'intervention de M. Van Rompuy de « faible performance » sur la question de l'égalité des sexes. Guy Verhofstadt, leader du groupe ADLE, a pour sa part estimé que le Président n'avait rien fait « pour nous persuader que le Conseil (prenait) au sérieux la question de l'équilibre entre les sexes » au sein des institutions européennes.
Le gouverneur de la Banque du Luxembourg, Yves Mersch, a assuré qu'il faisait la différence « entre des considérations qui concernent ma personne et des considérations qui concernent des principes ». Il a toutefois estimé que la question de la représentation féminine devrait être « résolue dans le temps » et a rappelé que Mario Draghi avait encouragé le Parlement à prendre les mesures nécessaires pour « maintenir la capacité de travail du directoire en temps de crise ».
Outre le débat autour de l'équilibre entre les sexes, M. Mersch s'est également exprimé sur la ligne de conduite de la BCE. Il a par exemple jugé que le maintien de la stabilité des prix était la « meilleure contribution à la croissance » et que la BCE tolérait actuellement une inflation plus élevée car elle en prévoyait un recul « au début de l'année prochaine ». M. Mersch a également estimé que les politiques d'austérité n'avaient pas eu « que des effets négatifs » et que le « médicament » pouvait être « sévère », mais qu'il fonctionnait. Enfin, en réponse à Philippe Lamberts (Vert/ALE, belge) qui lui rappelait que la BCE n'était pas mandatée pour faire de la politique, et donc pour s'exprimer sur des sujets tels que la taxe sur les transactions financières ou l'indexation des salaires, M. Mersch a estimé, au contraire, que la politique monétaire entrait en interaction avec d'autres politiques. (EL avec MB)