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Bulletin Quotidien Europe N° 10716
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) commerce

Pas de surveillance des importations de véhicules sud-coréens

Strasbourg, 23/10/2012 (Agence Europe) - Satisfaite des premiers gains de l'accord de libre-échange entre l'UE et la Corée du Sud, la Commission européenne rejette la demande de la France.

La France qui, sous la pression de ses constructeurs automobiles, a demandé cet été une surveillance étroite des importations sur le marché européen de voitures sud-coréennes, qu'elle soupçonnait en forte hausse un an après la mise en œuvre, le 1er juillet 2011, de l'accord de libre-échange UE/Corée du Sud, n'a pas obtenu l'activation du mécanisme de sauvegarde prévu dans les dispositions de l'accord. « Nous avons mené l'enquête et conclu que cette requête n'est pas fondée », explique le commissaire Karel De Gucht, dans un communiqué du 22 octobre. Non seulement « les conditions juridiques ne sont pas remplies », mais « les premiers chiffres montrent que l'accord de libre-échange est largement favorable à l'UE », dont le déficit commercial bilatéral « est tombé au plus bas », précise-t-il.

Dans la perspective de prochaines négociations de libre-échange avec le Japon, dont le gouvernement français, déçu par la décision de la Commission sur le dossier sud-coréen, a promis qu'il veillerait à ce qu'elles « préservent les intérêts de l'industrie française », M. De Gucht a toutefois répété que les pourparlers seraient arrêtés s'il n'y a pas assez de progrès sur l'ouverture du marché nippon dans un délai de douze mois. En outre, le commissaire au Commerce s'attend à des négociations « pas faciles », si elles sont lancées, avec les États-Unis. « Cela pourrait créer quelques problèmes avec la France et son agriculture », appréhende-t-il.

Protectionnisme, De Gucht et Lamy critiquent Montebourg. Vociférant sans cesse contre les déséquilibres du libre-échange et de la mondialisation, le ministre français du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a essuyé les critiques du commissaire De Gucht, mais aussi du patron de l'OMC, Pascal Lamy, qu'il n'a pas épargné en retour. « M. Montebourg s'affiche contre la mondialisation, il est protectionniste, c'est un choix. Mais son raisonnement ne tient pas la route. La France ne peut pas, seule, redistribuer les cartes du commerce mondial », a déploré lundi M. De Gucht. Le week-end dernier, M. Lamy, lui-même ex-commissaire au Commerce, avait exprimé ses craintes sur « le protectionnisme patriotique » de M. Montebourg, qui a posé en une du Parisien magazine du 21 octobre avec des vêtements - une marinière - et des objets 'made in France'. Le ministre français a suggéré en retour à M. Lamy de « rééquilibrer les rapports déséquilibrés existant entre nations industrielles pour défendre aujourd'hui l'industrie française et européenne ». « Le bilan du libre-échange mondial proposé par l'OMC est un désastre », a ajouté M. Montebourg, fustigeant en particulier la concurrence déloyale de la Chine, entrée à l'OMC selon lui « sans contreparties ». (EH)

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