Bruxelles, 18/10/2012 (Agence Europe) - Les participants au sommet social tripartite, jeudi 18 octobre à Bruxelles, ont souligné le besoin de redoubler d'efforts pour encourager la croissance économique et la création d'emplois, et noté des progrès en matière d'assainissement des finances publiques.
Herman van Rompuy, le président du Conseil européen, a noté des « premiers résultats encourageants » ces dernières semaines: les spreads ont diminué de manière significative dans presque tous les pays de la zone euro, les déficits publics sont plus bas dans beaucoup de pays, la compétitivité a augmenté entre autres en Espagne, au Portugal et en Irlande, les exportations se portent mieux. Il a cité, parmi les avancées, le superviseur bancaire de la zone euro et le lancement du Mécanisme européen de stabilité (MES). Le président du Conseil européen a admis que l'UE souffre d'un manque de croissance et d'un taux de chômage en hausse. Dès lors, créer des emplois et doper la croissance inclusive reste notre première priorité, a conclu M. Van Rompuy. Il a demandé des progrès rapides sur le pacte pour la croissance de 120 milliards d'euros, le marché unique, la marché unique numérique (d'ici 2015).
José Manuel Barroso a dit que la Commission fait « tout ce qu'elle peut avec les États membres et les partenaires sociaux pour remettre l'Europe sur le chemin de la croissance » et pour redonner de l'espoir aux citoyens de l'UE. Il faut combiner assainissement budgétaire, réformes structurelles et investissements ciblés, a dit le président de la Commission. « Je ne suis pas franchement ravi des progrès réalisés jusqu'à présent », a-t-il dit au sujet de la mise en œuvre du pacte de croissance (voir autre nouvelle). Il a appelé le Conseil européen à accélérer le pas.
Demetris Christofias, le président de Chypre, a dit que la principale priorité reste la création d'emplois, surtout pour les jeunes. Il faut leur redonner espoir, a-t-il souligné. Malheureusement les données ne sont pas très optimistes, a déclaré le président chypriote, qui a cité la reprise est encore très faible et le taux de chômage très élevé. Il faut insister sur l'assainissement budgétaire et aussi prendre des mesures favorables aux citoyens européens, a conclu M. Christofias.
Philippe De Buck, directeur général de BusinessEurope, a dit qu'il faudrait un taux de croissance de 2,5 % de l'économie européenne. L'assainissement des finances publiques est nécessaire, et nous avons noté une nette amélioration de la situation. Le secteur industriel est en croissance dans certains pays, a relevé M. De Buck. « La croissance viendra du secteur privé, des grandes entreprises et des PME, à condition que le cadre adéquat soit mis en place », a-t-il conclu.
Ignacio Fernandez Toxo, président de l'ETUC (European Trade Union Confederation), estime que les grèves récurrentes (notamment en Grèce) témoignent d'un « malaise de plus en plus profond » des citoyens et des travailleurs européens. Deux ans et demi après le début de la crise, la politique de rigueur mise en place a été un échec, a déploré Ignacio Fernandez Toxo. Il a noté un renversement de tendance depuis le Conseil européen de juin dernier, avec un plan « timide » en faveur de la croissance et de l'emploi. « Mais quatre mois se sont écoulés et presque aucune des décisions de juin n'a été suivie d'effets », a-t-il regretté. (LC)