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Bulletin Quotidien Europe N° 10713
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) Énergie

Biocarburants, l'industrie de 1ère génération crie au désastre

Bruxelles, 18/10/2012 (Agence Europe) - Les associations de producteurs de carburants issus de cultures agricoles fustigent les nouvelles règles de durabilité proposées par la Commission.

« La volte-face de la Commission sur la politique des biocarburants décime l'industrie en période de crise », titre le communiqué de presse publié le 17 octobre par les organisations et coopératives de l'UE (Copa-Cogeca), les producteurs de biodiesel (EBB), l'industrie des huiles végétales (Fediol), l'association de l'éthanol renouvelable (e-Pure), et le comité du commerce des céréales et oléagineux (Coceral).

Pour les lobbies de l'industrie des agro-carburants, plafonner la contribution des biocarburants de 1ère génération à 5 % de la consommation finale d'énergie dans les transports va causer la mort de tout leur secteur, incluant la chaîne de production agricole, et des pertes d'emplois par milliers pour une industrie qui a déjà fait 14 milliards d'euros d'investissements et pourvu 100 000 emplois.

La proposition de l'exécutif européen, qui pour la première fois, prend en compte les émissions de gaz à effet de serre liées au changement indirect d'affectation des sols (ILUC) pour restreindre la conversion de terres en cultures destinées à la production de biocarburants (EUROPE n° 10712), se base sur une « science immature et sans fondement », s'insurgent ces associations. « Tout changement de politique en matière de biocarburants doit préserver les investissements réalisés et en cours vers la réalisation des objectifs initiaux de la Commission de 10 % d'énergie renouvelable dans les transports d'ici 2020 », insistent-ils.

Via Campesina prône l'interdiction « pure et simple » des agro-carburants. La 'Coordination européenne Via Campesina' (ECVC) est d'avis que la Commission européenne « recule une fois de plus sous le poids des lobbies ». Au vu de leurs effets négatifs, il faudra selon cette organisation « une interdiction pure et simple des agro-carburants de première génération ». Les propositions sur la prise en compte du changement indirect d'affectation des sols (CASI) dans la législation sur les agro-carburants « ont été fortement vidées de leur sens initial », estime ECVC. Si la prise en compte du CASI (ou ILUC: Indirect Land Use Change) pour le calcul des émissions de gaz à effet de serre est une avancée importante qui validera l'impact négatif sur le changement climatique des agro-carburants produits à partir de cultures alimentaires, « il faudra, pour le même objectif, supprimer à court terme leur incorporation dans les carburants ». La suppression de toutes formes de subventions s'impose dans les plus brefs délais, les industriels ayant déjà atteint la rentabilité économique de leurs installations de production, fait valoir ECVC, qui rappelle les graves conséquences des agro-carburants (déforestation et déplacements de populations, accaparements de terres vivrières dans les pays du Sud, réduction de la biodiversité, crises dans la production de matières premières alimentaires, hausse de l'importation de protéines pour l'alimentation animale. (EH avec LC)

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