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Bulletin Quotidien Europe N° 10701
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) nuclÉaire

Sûreté, la France épinglée

Bruxelles, 02/10/2012 (Agence Europe) - Les 19 centrales nucléaires françaises présenteraient toutes des défaillances d'incidence variable en termes de sûreté. Les Verts montent au créneau.

Si le rapport final sur les tests de résistance des 68 centrales abritant 143 réacteurs en activité dans l'UE, que la Commission présentera le 4 octobre, relève des centaines de carences dans les 14 États membres recourant à l'énergie atomique, la France figure en première ligne. Abritant 19 centrales et 58 réacteurs, soit 40% du parc européen, le pays avait néanmoins beaucoup plus de chances d'être épinglé.

Sont notamment pointées du doigt les insuffisances du parc nucléaire français pour ce qui est de la protection des instruments de secours contre les séismes ou les inondations - tels les générateurs de secours pour faire fonctionner les systèmes de refroidissement en cas de perte d'approvisionnement électrique - à la différence des centrales abritées en Allemagne, en Belgique ou en Suède. En outre, les centrales françaises manquent d'instruments de mesure sismique performants. En revanche, toutes sont équipées de recombineurs d'hydrogène, qui font défaut dans les 10 centrales britanniques et cinq des six centrales espagnoles.

Le rapport, qui doit être validé par la Commission ce mercredi en vue d'être présenté au Conseil européen d'octobre, ne préconise aucune fermeture de réacteurs, mais évalue entre 10 et 25 milliards d'euros le coût de la mise à niveau immédiate des centrales européennes, soit un coût de 30 à 200 millions par réacteur. « La situation générale est satisfaisante, mais nous ne devons avoir aucune complaisance », avertissait lundi le commissaire à l'Énergie, Günther Oettinger

Les Verts fustigent le sous-investissement en France. « Avec un coût final supérieur à 10 milliards d'euros, plus de la moitié des travaux européens devront être réalisés en France. C'est la conséquence logique du sous-investissement chronique de la France en matière de maintenance et de sûreté nucléaire », déplore l'écologiste française Michèle Rivasi (Verts/ALE), soulignant que le rapport de la Commission « ne fait que confirmer l'augmentation constante des coûts du nucléaire ». Mme Rivasi regrette en outre que les stress tests « n'ont été fait qu'à minima », puisqu'ils n'incluent pas les risques terroristes ou de crash d'avion, qui sont traités séparément par un groupe ad hoc au Conseil, car ils concernent la sécurité nucléaire. (EH)

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