Bruxelles, 02/10/2012 (Agence Europe) - Les parlementaires américains mettent la pression depuis mi-septembre sur l'Union européenne pour que celle-ci considère le Hezbollah libanais comme une organisation terroriste, ce que les États-Unis ont fait en 1995. Plus de 250 membres du Congrès ont envoyé deux lettres, le 27 septembre, au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et à la ministre des Affaires étrangères chypriote, Erato Kozakou-Marcoullis, dont le pays préside actuellement le Conseil de l'UE, pour faire part de leur demande.
Dans la lettre à M. Barroso, les membres du Congrès « exhortent » la Commission « à inclure le Hezbollah sur la liste de l'UE des organisations terroristes », soulignant le partenariat entre l'UE et les États-Unis dans l' « effort vital » pour lutter contre le terrorisme. Ils précisent que, selon certains, le Hezbollah « sert aussi comme parti politique et fournit des services sociaux », « cependant c'est indéniablement et en premier lieu une organisation qui perpétue des actes terroristes ».
Dans le courrier adressé à Mme Kozakou-Marcoullis, les parlementaires demandent la révision de la « décision décevante » du Conseil de ne pas désigner le Hezbollah comme un groupe terroriste « alors qu'un nombre croissant de rapports indiquent que le groupe opère en Europe pour financer, planifier, recruter et mener des actions terroristes ». Ils espèrent que la ministre agira en vue d'aboutir à un consensus au Conseil « ce qui est urgemment nécessaire pour affaiblir l'infrastructure terroriste Hezbollah ».
Unanimité nécessaire pour désigner une organisation comme terroriste
Déjà, dans une lettre datée du 14 septembre envoyée à la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, 75 sénateurs soulignent que « l'UE doit reconnaître le Hezbollah pour ce qu'il est - une organisation terroriste ». « Une désignation terroriste par l'UE ne permettrait pas seulement que le Hezbollah fasse l'objet d'autres sanctions, mais permettrait aussi d'envoyer au Hezbollah le message selon lequel l'Europe et les États-Unis ne toléreront pas ses tactiques dangereuses et violentes », expliquent-ils dans la lettre, citée par DPA. Les parlementaires soulignent aussi les liens du Hezbollah avec l'Iran.
Le Service européen pour l'action extérieure (SEAE) a confirmé à EUROPE avoir reçu la lettre, précisant qu'il n'y avait pas encore répondu. Il a par ailleurs précisé que, pour ajouter le Hezbollah à la liste des organisations terroristes, « en fonction des informations disponibles, les États membres seraient en droit de considérer l'inscription d'une nouvelle entité sous la rubrique 'Position commune 931' (le régime autonome européen de sanctions en matière de terrorisme) ou sous son régime de sanctions concernant la Syrie (le Hezbollah aiderait le régime) », liste dont la modification requiert l'unanimité des États membres. Il a précisé que, si de nouvelles preuves étaient apportées et si un État membre portait la question au groupe du travail du Conseil, « il y aurait une discussion sur l'opportunité d'inscrire l'organisation, ou non, sur la liste des organisations terroristes ».
Lors du Conseil informel des ministres des Affaires étrangères, qui s'est tenu à Paphos (Chypre) le 7 septembre, le ministre néerlandais, Uri Rosenthal a demandé à ses collègues de désigner le Hezbollah comme une organisation terroriste, ce que fait déjà son pays. Mais l'unanimité requise n'existe pas.
Le ministre des Affaires étrangères israélien, Avigdor Lieberman a lui aussi demandé la désignation par l'UE du Hezbollah comme organisation terroriste lors de sa visite à Bruxelles, le 24 juillet (EUROPE n° 10662). (CG)