Bruxelles, 26/09/2012 (Agence Europe) - Alors que le fonds d'aide financière pour les régions espagnoles devrait être opérationnel cette fin de semaine, une quatrième région a annoncé qu'elle y fera appel: l'Andalousie, à hauteur de près de 5 milliards d'euros. Une confirmation supplémentaire des difficultés des régions espagnoles, alors qu'une nouvelle poussée indépendantiste est à l'œuvre en Catalogne où des élections anticipées devraient avoir lieu en novembre.
Pour soutenir les régions face à leurs échéances financières, Madrid a mis sur pied un fonds de liquidité régionale (Fondo de Liquidez Autonómico - FLA). Doté d'une capacité de 18 milliards d'euros, ce fonds de sauvetage devrait être activé pour les 17 régions ibères avant fin septembre. Toutefois, la marge de manœuvre sera étroite car quatre régions ont déjà annoncé leur intention d'y avoir recours, l'Andalousie tout récemment, mardi 25 septembre. Cette région exigerait 4,9 milliards d'euros du FLA, aux côtés de la Catalogne (plus de 5 milliards), Valence (4,5 milliards) et Murcie (700 millions) portant le montant total à près de 15 milliards d'euros. Néanmoins, le gouvernement Rajoy se veut rassurant, le FLA devrait être suffisant, « selon nos calculs », avait affirmé sa porte-parole, mardi. Aussi il est certain que la Galice, Madrid et La Rioja ne puiseront pas dans cette manne.
Celle-ci est constituée de financements issus du Trésor (4 milliards), de la loterie nationale (6 milliards), d'émissions obligataires levées ce mercredi (3 milliards) et d'un placement privé (5 milliards à la mi-octobre). Si le gouvernement central espagnol consent à voler au secours des régions en difficulté, ce n'est toutefois pas sans conditions: les régions devront s'astreindre à réduire leur déficit budgétaire à 1,5 pourcent du PIB.
Poussée indépendantiste en Catalogne. Bien que contrainte de se tourner vers le gouvernement central pour financer ses liquidités, la Catalogne a durci le ton, laissant éclater ses revendications indépendantistes. Le 11 septembre « jour de la Catalogne », 1,5 million de manifestants catalans s'étaient réunis sous ce mot d'ordre à Barcelone. Mardi, le président de la région autonome, Artur Mas, nationaliste modéré, a annoncé la tenue d'élections anticipées, le 25 novembre, évoquant même la possibilité d'un référendum sur l'autodétermination de la Catalogne. Ce scrutin défie une fois de plus Madrid, alors que la semaine passée le Premier ministre Rajoy refusait précisément à M. Mas plus d'autonomie budgétaire pour sa région. Un des moteurs économiques de la péninsule, la Catalogne essuie durement le revers de la crise, nourrissant davantage la rancœur vis-à-vis de l'État central.
Nouvelles réformes structurelles. Confronté à une récession plus aigüe que prévu, le gouvernement espagnol présente, ce jeudi, de nouvelles réformes structurelles rendues nécessaires pour respecter ses objectifs budgétaires (déficit de 6,3% du PIB en 2012, 4,5% en 2013, moins de 3% en 2014 (EUROPE n°10689 et n°10694)). Officiellement, cet exercice s'intègre dans l'engagement pris par l'Espagne lorsqu'elle a demandé de l'aide pour son secteur bancaire, de se conformer aux recommandations budgétaires et macroéconomiques adressées au pays. Publiés mercredi, de nouveaux chiffres indiquent que l'État central a d'ores et déjà dépassé les seuils maximaux de dépenses fixés pour 2012. La Commission européenne n'a pas souhaité commenter officiellement, mercredi 26 septembre, une telle situation ni se prononcer sur la nécessité pour Madrid d'adopter encore de nouvelles mesures d'austérité. Elle préfère, au préalable, attendre le détail des mesures ainsi que les résultats officiels de l'audit censé fixer, une fois pour toute, les besoins en recapitalisation du secteur bancaire plombé par les actifs toxiques de la bulle immobilière. Publié en juin, un premier audit avait situé ses besoins autour de 60 milliards d'euros, l'Eurozone en ayant promis 100 au maximum. (MB/MD)