Bruxelles, 26/09/2012 (Agence Europe) - Dans le cadre de la conférence de haut niveau 'Step up for a stronger Europe: La société civile, un partenaire à part entière dans la stratégie EUROPE 2020', organisée à Bruxelles mardi 25 septembre par le Comité économique et social européen (CESE), un atelier sur les quatre existants a été entièrement consacré à la politique d'emploi et la lutte contre le chômage. Les analyses sur les répercussions sociales de la crise économique et les idées pour relancer l'emploi en Europe ont été des plus exhaustives. Mais quant à savoir quelle politique adopter dès aujourd'hui et avec quels moyens financiers fournis par quel pouvoir public, les propositions avancées étaient loin d'être homogènes.
La question sous-jacente à ce débat n'a finalement pas été, comme le suggérait le sous-titre de la conférence, la question du rôle de la société civile. La manière de répartir les responsabilités, entre les États membres et l'UE, en matière de relance de l'emploi a été la question la plus disputée. Pour Vladimira Drbalovà, membre du CESE, la stratégie pour des compétences nouvelles et des emplois, lancée en 2010, doit être au centre de toutes les autres initiatives de l'UE. Les enjeux de la politique européenne en matière d'emploi sont principalement liés au problème de la transition du système de l'éducation vers le monde du travail.
Un point qui, sans être remis en cause, a été nuancé par Francisco González de Lena, directeur du cabinet du président du conseil économique et social espagnol. Il a souligné le rôle limité des institutions européennes. Le cas de l'Espagne montre que certains États ont un défaut structurel. Ce défaut tire son origine de l'inadéquation entre l'offre et la demande sur le marché de travail. La chute du PIB espagnol a été beaucoup moins importante que la baisse du taux d'emploi, car ce sont les emplois les moins qualifiés, dont la valeur ajoutée par rapport au PIB est la moins importante, qui ont connu une chute drastique depuis 2008. D'une manière similaire, le taux de chômage des jeunes a toujours été important en Espagne, même en période de croissance, ce qui démontre une rupture fondamentale entre les universités et les besoins des entreprises.
À ce constat, Luca Visentini, secrétaire confédéral de la Confédération européenne des syndicats, a répondu en appelant à la mise en place de programmes d'investissements publics, tant européens que nationaux. Comment privilégier certains secteurs (santé, énergie 'verte' et nouvelles technologies), comme le souhaite la Commission, si on n'y met pas les moyens financiers nécessaires, a-t-il demandé de manière rhétorique. Si pour le représentant de BusinessEurope, Thérèse de Liedekerke, les États membres doivent plutôt penser à réduire leur dette souveraine, Max Uebe, chef de l'unité 'Emploi des jeunes' à la Commission, a souligné un autre problème lié aux investissements. L'argent est loin d'être le seul problème. Il faut que les États membres apprennent à bien les gérer, dans des programmes utiles de création d'emplois. Car, comme le montre le cas de l'Irlande, où la Commission a dépêché en 2012 une 'task force' spéciale pour la question du chômage des jeunes, il peut y avoir un gouffre entre les idées et la pratique. Le gouvernement irlandais a pratiquement dépensé tous ses moyens sur cette question, sans parvenir à faire chuter le chômage.
Les conclusions de la conférence, y compris pour les trois autres ateliers, sont disponibles à l'adresse suivante: http://www.eesc.europa.eu/?i=portal.fr.events-and-activities-stronger-europe2020-conclusions . (JK)