Bruxelles, 26/09/2012 (Agence Europe) - Le collège des commissaires a adopté mercredi 26 septembre une nouvelle communication visant à exploiter pleinement le potentiel des secteurs de la culture et de la création dans l'Union européenne à des fins de croissance et d'emploi. La stratégie, intitulée « Promouvoir les secteurs de la culture et de la création pour la croissance et les emplois dans l'UE » recommande une série d'actions afin d'offrir aux acteurs concernés de bénéficier d'un environnement favorable à leur essor. « Les secteurs de la culture et de la création ne sont pas seulement essentiels pour la diversité, ils constituent également un moteur de développement socio-économique dans nos États et nos régions (…) et mettent en valeur l'image d'une Europe dynamique, attrayante, créative et ouverte aux cultures et aux talents venant des quatre coins de la planète », a indiqué la commissaire responsable de l'éducation, de la culture, du multilinguisme et de la jeunesse, Androulla Vassiliou.
Les industries créative et culturelle représentent jusqu'à 4,5% du PIB et 8,5 millions d'emplois dans l'Union européenne. Elles ont des retombées positives dans de nombreux autres domaines, tels que les TIC, l'innovation ou la rénovation urbaine. La créativité s'invite, par ailleurs, dans de nombreux secteurs industriels auxquels elle apporte une valeur ajoutée certaine. Notamment l'automobile, où l'attractivité des nouveaux modèles tient autant des performances techniques déployées que du design de la carrosserie ou de l'habitacle. Selon la Commission, les entreprises qui investissent deux fois plus que la moyenne dans les ressources créatives ont 25% de chances supplémentaires de créer des produits innovants. Les industries créatives doivent toutefois répondre à d'importants défis découlant de la transition numérique et de la mondialisation, à une forte fragmentation culturelle et linguistique des marchés, à laquelle s'ajoute un accès difficile aux financements.
Pour relever les grands défis mis en évidence, une action concertée est indispensable, notamment dans les domaines clés suivants, note la communication: 1) évolution des besoins en compétences: certains secteurs manquent de personnes dotées des compétences techniques et manuelles traditionnelles. Un renforcement des partenariats entre les secteurs de la culture et de la création, les partenaires sociaux et les prestataires de services d'éducation et de formation est essentiel pour évaluer les besoins de formation et y pourvoir ; 2) amélioration de l'accès au financement: la petite taille des entreprises créatives et culturelles, l'incertitude concernant la demande pour leurs produits, la complexité de leurs plans de développement entravent leur accès au financement externe. Les établissements financiers doivent par conséquent prendre le relais et se montrer moins méfiants en s'intéressant davantage au potentiel économique offert par ces petites entreprises ; 3) Élargissement du marché (nouveaux partenariats et modèles commerciaux): les entreprises culturelles et créatives doivent renforcer leurs capacité de conquête de nouveaux publics, saisir de nouvelles opportunités (transfrontalières notamment) et s'adapter à de nouvelles demandes. Les opportunités de développement offertes par les TIC doivent être encouragées et de nouveaux modèles commerciaux créés ; 4) Augmentation de la portée internationale: des politiques intelligentes d'internationalisation et de développement des exportations doivent être appliquées pour permettre à une large majorité d'organisations et d'entreprises de petite taille d'exercer leurs activités dans un environnement mondial, de toucher de nouveaux publics et d'accéder à de nouveaux marchés ; 5) renforcement de la « pollinisation transsectorielle »: les secteurs de la culture et de la création ont besoin d'environnements pluridisciplinaires où ils peuvent être en contact avec des entreprises d'autres secteurs. Des politiques et des instruments de soutien adéquats doivent être développés, dont l'objectif est de faciliter la création de liens et de passerelles entre les secteurs (culture, éducation, industrie, affaires économiques, tourisme, développement urbain et régional et aménagement du territoire).
Dans sa proposition de programme « Europe créative », qui prévoit un budget de 1,8 milliard d'euros pour la période 2014-2020 (soit 37% de ressources supplémentaires par rapport au programme actuel), la Commission confirme son soutien aux industries culturelles et créatives, en leur donnant davantage de moyens pour étendre leurs activités au-delà de leur périmètre actuel et en leur donnant un accès plus grand aux financements, notamment grâce à des facilités de garanties sur les prêts, indique Androulla Vassiliou. Selon la commissaire, les entreprises n'actionnent actuellement pas assez les leviers mis à leur disposition, notamment les fonds structurels, et devraient commencer à y faire appel plus systématiquement.
Le Parlement se félicite de l'initiative
Dans un communiqué, la présidente de la commission de l'éducation et de la culture au Parlement européen, Doris Pack (PPE, allemande), également rapporteur sur les nouveaux programmes « Erasmus pour tous » et « Europe créative », estime que la stratégie proposée par la Commission « actionne le bon levier pour stimuler la croissance et l'emploi dans le secteur créatif et culturel ». De même, le budget proposé pour « Europe créative » est une opportunité pour celui-ci de développer pleinement son potentiel et de contribuer à la stratégie EUROPE 2020, souligne la députée. (IL)