Bruxelles, 03/09/2012 (Agence Europe) - La France, initiatrice de l'UpM (Union pour la Méditerranée), dont elle a cédé la co-présidence à l'UE (Mme Ashton) en mars dernier, en application du Traité de Lisbonne, entend demeurer active et jouer un rôle central dans l'évolution du processus, en dépit d'une conjoncture fragile. « C'est tout l'enjeu des Printemps arabes, dès lors que les formations politiques qui se réclament de l'islam s'engagent à garantir les libertés, notamment celles des femmes, à respecter l'alternance, à protéger les minorités, qu'elles soient culturelles ou religieuses. Il leur appartient, à ces pays qui font œuvre de transition, d'en faire la démonstration et à nous d'encourager le mouvement, sans défiance, mais avec vigilance », a affirmé le 28 août le président François Hollande, devant la conférence annuelle des ambassadeurs de son pays. L'incertitude serait inévitable en raison de « la permanence des conflits, dont le règlement est chaque jour différé comme au Proche-Orient. »
« La France porte depuis longtemps une ambition pour la Méditerranée, pour qu'elle soit un espace de coopération et non pas de tension », a-t-il dit. Il a plaidé pour une « union de projets » et un « Monsieur Méditerranée » sera nommé pour soutenir le processus au jour le jour. « Je veux que les compétences du secrétariat de l'Union pour la Méditerranée soient mieux utilisées, avec l'engagement de l'Union européenne et particulièrement de la Commission » car, a-t-il affirmé, « nous devons la faire avec l'Europe ». Il rappelle aussi les engagements financiers dans le cadre du « Partenariat de Deauville ». Cette « bonne initiative peut nous permettre d'accompagner au mieux le développement des pays en transition politique ».
Dans cette démarche, il assure qu'il « accorde une attention toute particulière à la coopération avec les pays du Maghreb, y compris dans ce qu'on appelle le Groupe 5+5 et qui devra permettre de relancer le dialogue ». Pour rappel, les ministres du « 5+5 » se réunissent début octobre à Malte
Pour le président Hollande, qui dément ainsi le risque de délaissement du projet euroméditerranéen perçu comme une création de Nicolas Sarkozy, «il y a, entre les deux rives de la Méditerranée, de nombreuses complémentarités. De cette manière pragmatique, nous pouvons ainsi envisager une maîtrise efficace de l'immigration, améliorer les échanges professionnels et universitaires, aider l'administration publique de ces pays à se moderniser et puis aussi encourager les échanges entre les milieux d'affaires ».
Le même jour, le secrétaire général de l'UpM, Fathallah Sijilmassi, qui était l'invité d'honneur de la conférence des ambassadeurs de France, a été reçu par Laurent Fabius. Il a exposé au chef de la diplomatie française, les priorités et l'état d'avancement des projets de coopération concrets mis en œuvre dans le cadre de l'UpM (usine de dessalement de Gaza, autoroutes du Maghreb, projets universitaires). (FB)