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Bulletin Quotidien Europe N° 10658
INSTITUTIONNEL / (ae) roumanie

M. Ponta temporise, le PE lui demande d'écouter la Commission

Bruxelles, 18/07/2012 (Agence Europe) - Le Premier ministre roumain Victor Ponta a estimé mercredi 18 juillet que le rapport de la Commission sur l'état de droit dans son pays (rapport CVM) était « équilibré » et a promis d'en tirer les conclusions, tout en dénonçant une « guerre mensongère » lancée par ses rivaux politiques, rapporte l'AFP.

« Le rapport de la Commission européenne est équilibré. La Roumanie va en tirer les conclusions nécessaires afin de continuer les efforts pour une justice indépendante et de remédier aux déficiences », a déclaré M. Ponta lors d'une conférence de presse. Il a également dit « assumer l'entière responsabilité pour que les engagements pris auprès de Bruxelles soient mis en œuvre ». Jeudi dernier, et encore ce mercredi, la Commission européenne avait demandé à M. Ponta d'exécuter 11 demandes spécifiques, qu'il s'agisse de respecter la décision de la Cour constitutionnelle sur le seuil de participation obligatoire pour valider le référendum du 29 juillet ou encore en qui concerne les ministres condamnés pour violation des règles d'intégrité, ce qui a été « le cas de Mircea Diaconu », ancien ministre de la Culture condamné par la justice pour conflit d'intérêts, a ajouté M. Ponta. « Je suis prêt à tout sacrifice politique car pour moi l'image de la Roumanie à l'étranger compte et je pense qu'il faut faire des gestes supplémentaires devant une guerre injuste et mensongère lancée depuis la Roumanie, contre la Roumanie », a-t-il encore réagi.

Du côté du Parlement européen et notamment du groupe S&D, l'on a soutenu les recommandations de la Commission et demandé au gouvernement roumain de saisir cette « chance historique d'établir un système judiciaire viable et indépendant », a estimé l'Autrichien Hannes Swoboda. Les faiblesses structurelles, qui perdurent depuis longtemps, peuvent être « corrigées », a encore estimé le chef du groupe S&D, faiblesses que la Commission « n'a malheureusement pas toujours critiquées par le passé », a-t-il toutefois taclé.

Pour le président du Parlement, l'Allemand Martin Schulz, la Roumanie doit en tout cas « immédiatement » suivre les recommandations de la Commission. « Nous sommes une Union de valeurs communes et de confiance mutuelle. Ses membres doivent respecter les institutions démocratiques, l'indépendance du système judiciaire et l'état de droit », a encore observé Martin Schulz.

Quant au groupe PPE, il a salué un rapport « juste et objectif » et à nouveau affiché ses « profondes préoccupations » quant à la situation roumaine.

Le groupe ADLE a lui aussi demandé à Bucarest de réagir immédiatement aux recommandations de la Commission. Pour le leader belge du groupe, Guy Verhofstadt, toutefois, « la Commission a un mandat renforcé, c'est-à-dire de veiller constamment au respect des principes fondamentaux de la démocratie et de l'état de droit dans tous les États membres, pas seulement dans les nouveaux États membres soumis à un mécanisme de suivi spécifique ». Et « nous avons constaté, pays après pays, comme la Bulgarie, la Hongrie, l'Italie et la Grèce, comment les normes de bonne gouvernance ont décliné et ont permis d'échapper à tout contrôle ». (SP)

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