Bruxelles, 18/07/2012 (Agence Europe) - L'interdiction pour les voyageurs d'emporter des liquides, aérosols, et gels (LAGs) en cabine dans les avions sera encore prolongée au delà de la date butoir d'avril 2013. Mais quid du prochain délai ? Car la Commission n'a pas encore établi de calendrier précis. Elle a fait savoir, mercredi 18 juillet, quel est son plan d'action pour en finir avec les confiscations des bouteilles et flacons aux postes de contrôle des aéroports. Mais cela ne devrait pas encore être pour tout de suite, puisque la Commission préconise une approche par étapes, la première en janvier 2014. Il s'agit d'être sûr que les aéroports seront fins prêts pour, non plus interdire, mais mieux contrôler les produits. Car des explosifs sous forme liquide présentent un grave danger pour la sécurité de l'aviation civile.
Tout n'est pas encore au point. La Commission a fait connaître mercredi son analyse des contrôles des liquides dans les aéroports européens. Après des tests dans une dizaine d'entre eux et des consultations avec des parties prenantes, la Commission préfère reporter à une date ultérieure la levée de l'interdiction sur les LAGs, sans toutefois être en mesure de préciser une date claire. En effet, il semble que les aéroports et les équipements de transport ne soient pas encore en mesure de contrôler efficacement les liquides emportés par les passagers dans les cabines des avions. Les machines de contrôle et leur technologie, notamment des softwares, méritent encore d'être améliorées, car à ce stade les fausses alertes seraient encore trop nombreuses.
Approche par étape. La Commission préfère jouer la carte de la prudence et préconise de procéder étape par étape pour lever l'interdiction des LAGs, qui était initialement prévue l'année dernière déjà, puis repoussée à avril 2013. Cette fois, ce serait à partir de janvier 2014 qu'un premier pas serait franchi, les liquides achetés dans les zones commerciales des aéroports, les fameux duty free, pourraient être emportés par les passagers en cabine, si soumis à un contrôle préalable. Cette phase test pourrait durer environ deux ans, ensuite la Commission présenterait d'autres mesures afin d'arriver à la levée complète de l'interdiction au terme d'une seconde phase. Toutefois, l'institution reste vague à ce propos. Elle assure juste que l'esprit général de la démarche est de ne pas compliquer la vie des passagers, et d'assurer une transition en douceur vers la levée de l'interdiction avec des garanties équivalentes en termes de sécurité. Cela aura le mérite d'octroyer un peu de temps aux aéroports pour installer correctement les dispositifs de contrôle et de bien former leur staff.
Procédure législative. Pour prolonger l'interdiction au-delà du printemps 2013, et introduire cette feuille de route, la Commission proposera cet automne des modifications à la législation en vigueur. Il s'agira d'une procédure législative en comitologie. Le Parlement pourra donc y apposer son veto ou non. Ce qui réduit le laps de temps pour adopter ces modifications, qui doivent être d'application avant le mois d'avril.
Réaction des aéroports. Les aéroports européens ont accueilli avec soulagement l'annonce de la Commission de postposer la levée de l'interdiction et le passage à des contrôles systématiques, et se disent prêts à soutenir l'approche proposée par la Commission. Olivier Jankovec, le directeur général du Conseil européen des aéroports, ACI Europe, admet que « autant nous souhaitons nous débarrasser des restrictions existantes sur le transport des LAGs, les tests réalisés dans différents aéroports européens ont démontré que la technologie nécessaire n'est pas encore disponible. Des progrès supplémentaires sont nécessaires pour développer une technologie plus mature et robuste pleinement conçue pour une réalité opérationnelle et améliorant vraiment l'expérience des passagers ». (MD)