Bruxelles, 18/07/2012 (Agence Europe) - Pour le ministre des Affaires étrangères britannique, les attaques contre le cercle rapproché du président Bachar el-Assad donnent des arguments supplémentaires pour une action décisive de l'ONU en Syrie. « Il est urgent d'assurer non seulement une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, mais une résolution qui peut alors conduire à la résolution de ce problème, progresser vers un processus politique pacifique et un gouvernement de transition en Syrie », a indiqué mercredi 18 juillet le ministre. Il a souligné qu'il est « clair » que la « situation se détériore rapidement ». « Ce serait une résolution plus ferme que tout ce que nous avons passé jusqu'à présent. Nous n'avons pas encore le soutien de la Russie et la Chine pour une telle résolution et nous continuons à en discuter avec eux », a ajouté M. Hague.
Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a espéré « sincèrement que les membres du Conseil de sécurité vont pouvoir échanger avec un sens accru de l'urgence et prendre une décision collective, avec un sens de l'unité ».
Une nouvelle résolution proposant des sanctions contre le régime et la prolongation du mandat des observateurs devait être proposée au vote mercredi 18 juillet mais la Russie menaçait d'y mettre son veto et la Chine pourrait aussi s'y opposer. « La Russie ne laissera pas adopter au Conseil de sécurité une résolution qui signifierait le soutien de l'ONU à une révolution en Syrie », a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Il a qualifié les combats en cours de « décisifs » et souligné que l'adoption de la résolution portée par les Européens et les Américains « serait un soutien direct à un mouvement révolutionnaire. S'il est question d'une révolution, l'ONU n'a aucun rapport avec ça ».
Le ministre des Affaires étrangères français Laurent Fabius a lui condamné le terrorisme et appelé à la transition politique. « Le gouvernement français, sans connaître les circonstances de cet attentat, a toujours porté condamnation du terrorisme. Cela étant dit, compte tenu (du) degré de violence, cela rend d'autant plus nécessaire et urgent le fait de trouver une transition politique », a-t-il expliqué. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero, a estimé que la « lutte » du régime pour conserver le pouvoir « est vaine ». La veille, le président français François Hollande a précisé que les Russes « doivent comprendre qu'ils ne peuvent pas être regardés comme les seuls ou presque à empêcher la recherche d'une solution ».
Mercredi, le ministre syrien de la Défense Daoud Rajha et le beau-frère du président el-Assad, Assef Shawkat, auraient été tués lors d'un attentat suicide contre le bâtiment de la sécurité nationale à Damas, revendiqué par l'armée syrienne libre. Le ministre de l'intérieur Mohammad Ibrahim al Chaar a lui été blessé. Peu après, l'armée a annoncé que « cet acte terroriste renforce la détermination de nos forces armées à nettoyer la patrie des restes des bandes terroristes ». (CG)