Bruxelles, 17/07/2012 (Agence Europe) - L'Union européenne prépare de nouvelles sanctions contre le régime syrien, qui devraient être adoptées la semaine prochaine, ont annoncé lundi 16 juillet des sources européennes. Selon elles, les discussions continuent à ce sujet sur les nouvelles personnes et entités visées par les sanctions ainsi que sur de possibles sanctions économiques. Une source a précisé que l'UE travaille sur une nouvelle série de sanctions « mais on ne sait pas encore ce qu'elles incluront ».
Si ces mesures sont adoptées, possiblement le lundi 23 juillet lors du Conseil des Affaires étrangères à Bruxelles, elles constitueraient le 17ème train de sanctions depuis le début du soulèvement en mars 2011, les dernières datant du 25 juin. 129 personnes et 49 entités économiques et administrations sont visées par un gel des avoirs et une interdiction de visa. Un embargo sur le pétrole, les armes, des restrictions sur les produits qui peuvent être utilisés dans la répression et les objets de luxe sont aussi en place.
Désaccord sur la poursuite de la mission des observateurs
Lundi, les discussions entre les 15 membres du Conseil de sécurité des Nations unies sur le renouvellement du mandat des observateurs en Syrie, qui se termine le 20 juillet, étaient dans l'impasse. Le projet de résolution des Européens et des Américains renouvelle pour 45 jours la mission des observateurs, tout en menaçant le régime syrien de sanctions économiques s'il ne renonce pas à utiliser ses armes lourdes contre l'opposition, alors que la Russie a proposé un autre projet de résolution prolongeant la mission mais sans parler de sanctions. Un vote sur la résolution euro-américaine devrait être organisé ce mercredi après-midi. La résolution pourrait obtenir les 9 voix nécessaires à son adoption mais pourrait aussi se voir opposer un veto russe ou chinois. La Russie a souligné qu'elle va « clairement » voter contre le texte, car « le seul but d'une résolution doit être de prolonger la mission d'observation », alors que la Chine souhaite continuer les négociations pour arriver à « un texte consensuel ».
Guerre civile
De son côté, le Comité international de la Croix-Rouge a qualifié lundi le conflit de « guerre civile » et appelé au respect du droit humanitaire par toutes les parties. « Chaque fois qu'il y a des hostilités on peut voir des conditions qui peuvent être définies comme un conflit armé non international », a précisé le CICR, soit en termes moins diplomatiques, une guerre civile.
Des entreprises britanniques exporteraient encore vers la Syrie
Le comité sur le contrôle de l'exportation des armes du parlement britannique a annoncé, vendredi 13 juillet, que des compagnies britanniques exportent du matériel militaire à la Syrie, matériel qui « pourrait être utilisé pour la répression interne ». Selon son rapport, les ministères accordent encore des licences à des régimes autoritaires, dont la Syrie. 9 licences seraient toujours en cours, dont une pour des véhicules militaires blindés. Des produits chimiques dangereux auraient aussi été vendus à la Syrie. Le ministère des Affaires étrangères a justifié les exportations en expliquant que les blindés sont destinés à protéger les diplomates occidentaux et que les produits chimiques ont été livrés à une société industrielle privée. (CG)