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Bulletin Quotidien Europe N° 10657
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) dÉfense

Exercice multinational d'hélicoptères Hot Blade 2012

Ovar (Portugal), 17/07/2012 (Agence Europe) - La région d'Aqua, dans l'État de Maracate, est sujette à des troubles causés par différents groupes d'insurgés et par l'activité subversive de son voisin de l'est, l'État de Kopami. Avec comme objectif principal d'instaurer la sécurité et de protéger la mission des Nations unies pour les réfugiés, une mission militaire de l'UE, la EUFOR Aqua Region, a été mise en place. Disposant d'un effectif de 2700 hommes, de 22 hélicoptères et de quatre avions de chasse F-16, elle inclut des opérations d'assaut aérien, d'héliportage de forces spéciales et d'évacuation de blessés.

Inspiré des conditions opérationnelles des missions de l'OTAN en Afghanistan et en Libye, ce scénario fictif a été mis en place par l'armée portugaise dans le cadre de l'exercice militaire multinational organisé sous l'égide de l'Agence européenne de défense (AED). Depuis 2009, trois exercices similaires ont déjà été conduits en France, en Espagne et en Italie. Cette quatrième édition, qui se déroule du 9 au 19 juillet, avec des exercices quotidiens, porte le nom de code Hot Blade 12. Par rapport aux éditions précédentes, l'ajout d'un escadron de F-16 et d'une composante civile fait de cette simulation « le plus grand et le plus exigeant exercice d'hélicoptères jamais mené », selon le chef d'état-major de l'armée de l'air du Portugal, le général José Antonio de Magalhaes Araujo Pinheiro.

Situé sur le versant occidental de la montagne d'Estrela, près de la base aérienne d'Ovar, non loin de la ville de Porto, le château médiéval de Linhares da Beira a été choisi par l'armée portugaise comme point d'observation en vue d'une démonstration préparée pour un groupe d'invités et de journalistes européens, jeudi 12 juillet. Situé à un peu plus de 820 mètres du niveau de la mer, le site offrait une vue d'ensemble sur le territoire en contrebas réquisitionné pour l'exercice. Si la présentation n'a duré que près de 30 minutes, plusieurs opérations ont été conduites simultanément et offraient un spectacle de va-et-vient incessants d'hélicoptères de reconnaissance, de transports de troupes et de logistique et de soutien médical. Selon un scénario assez classique dans ce genre de démonstration dynamique, le but de la mission a été de déployer une dizaine de membres des forces spéciales qui devaient sécuriser une zone. Constamment présents, mais restés invisibles jusqu'à la dernière minute, les F-16, dont l'objectif était d'assurer un soutien aérien rapproché aux troupes au sol, ont finalement salué le public, avec un passage assourdissant à quelques centaines de mètres du site d'observation.

Ces exercices périodiques ont pour objectif général de vérifier l'interopérabilité d'une force multinationale qui déploie des moyens terrestres et aériens sur un théâtre d'opérations chaud et poussiéreux, en dehors de l'Europe. Au cours de cette première session de l'année 2012, alors que la suivante est déjà en préparation, cette fois en Belgique (Green Blade, du 18 septembre au 15 octobre), ce sont des hélicoptères de six nations européennes qui ont été déployés: du Portugal, d'Allemagne, de Belgique, des Pays-Bas, d'Autriche et de Finlande. La Suède et le Royaume-Uni ont envoyé de leur côté plusieurs observateurs, alors que le Luxembourg est le plus important contributeur financier.

Sur le terrain, ces moyens aériens sont amenés à procéder à des vols en formation mixte, dans différents types d'opérations. Tout cela se déroule en étroite collaboration avec une brigade de réaction rapide de l'armée de terre du Portugal et des unités des forces spéciales de la marine portugaise. De l'assaut aérien, à l'appui aérien aux forces spéciales, en passant par la protection des convois, les opérations de recherche et de sauvetage et de l'évacuation médicale, les membres des équipages des hélicoptères sont amenés à coopérer les uns avec les autres, tout comme ils le feraient notamment en Afghanistan. C'est d'ailleurs cet aspect qui illustre la complémentarité de l'exercice avec l'OTAN. Entre 2009 et 2011, 50% des équipages, ce qui correspond à 36 hélicoptères, ont été amenés à effectuer des missions en Afghanistan, après la formation d'AED.

L'innovation majeure des exercices actuels est d'inclure le soutien aérien des F-16 et une cellule intégrée de protection civile. Cette dernière, malgré les difficultés juridiques rencontrées, a été mise en place à la demande des autorités portugaises afin d'avoir la possibilité de déployer les hélicoptères en soutien aux forces civiles qui luttent chaque été contre les incendies de forêt. Le temps étant plutôt maussade au Portugal, sans pour autant être aussi pluvieux que dans le nord de l'Europe, ce dispositif ne devrait toutefois pas être utilisé.

Pour la directrice générale d'AED, Claude-Arnaud France, « Hot Blade a été un exercice fructueux de grande envergure. Les compétences acquises et les heures de vol effectuées sont précieuses - même doublement précieuses à un moment où de nombreuses armées rognent sur la formation », a-t-elle dit, après la journée de démonstration, jeudi 12 juillet. Elle a souhaité aussi rappeler que cet exercice, comme les précédents, a été « planifié sur une base ad hoc et non par une équipe institutionnalisée, avec toute la mémoire et le soutien que cela implique ». Un aspect qui est toutefois voué à changer, puisque l'AED devrait prochainement disposer d'une équipe permanente de planification. « Grâce à eux, nous allons soutenir et planifier chaque nouvel exercice dans les années à venir d'une manière plus ordonnée et délibérée, et tirer les leçons de leur conduite et de la coordination ». C'est une approche que Mme Arnauld souhaiterait voir se multiplier à l'échelle européenne, pour que la coordination institutionnalisée devienne la règle, plutôt que l'exception. (JK)

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