Bruxelles, 17/07/2012 (Agence Europe) - Les ministres européens des Transports soutiennent largement l'ouverture des données relatives au transport et les services innovants qui peuvent en découler, comme les planificateurs de trajets multimodaux ou les billetteries intégrées. Réagissant à chaud après le Conseil informel Transports et Télécommunications organisé les 16 et 17 juillet par la présidence chypriote, le commissaire européen responsable, Siim Kallas, s'en est félicité. Les ministres ont adopté des conclusions qui préconisent une meilleure intégration des politiques européennes numérique et de transport. Cela devrait ouvrir la voie à un effort plus soutenu pour déployer les systèmes de transport intelligents (STI), alors que le sujet n'était plus sous les feux de la rampe depuis quelque temps. Pourtant le Livre Blanc sur les transports de 2011 en fait une priorité pour cette décennie.
Ces lundi 16 et mardi 17 juillet, les ministres européens étaient invités à Chypre pour discuter du déploiement des STI. Un sujet jugé ambitieux par le commissaire. « Nous avons pu observer le potentiel des STI, mais aussi les problèmes quand il n'y en a pas », a-t-il fait remarquer. Il a rappelé également que ces systèmes sont en mesure de rendre le secteur du transport plus compétitif, d'autant plus que les STI représentent 5% du coût de l'infrastructure, et permettent d'escompter de larges bénéfices en retour. Le ministre chypriote de la Communication et des Travaux publics, Efthymios Flourentzou, a pour sa part insisté sur le fait que « le développement de réseaux transeuropéens de transport et de télécommunications pourrait être plus efficace si l'on intégrait ces deux politiques centrales », soulignant particulièrement la capacité des STI à dynamiser le Mécanisme pour l'interconnexion de l'Europe (MIE). M. Flourentzou a ajouté aussi que « les STI étaient en mesure d'offrir aux citoyens européens la possibilité d'une innovation et d'une croissance dont l'UE a vraiment besoin ».
Open data. Les conclusions dégagées par les 27 insistent pour ouvrir les bases de données publiques, comme le préconise aussi la stratégie numérique, afin de faciliter l'accès aux données dans le secteur des transports, surtout publics, et leur réutilisation. De la sorte, plus d'informations fiables sur les déplacements multimodaux devraient être disponibles, et les services de transport pourraient devenir plus efficaces et plus sûrs. Les ministres s'engagent à cette fin à adopter rapidement la directive sur la réutilisation des informations du secteur public, et sont favorables à l'établissement d'un portail paneuropéen de données ouvertes.
Planificateurs et billetterie. Les conclusions mettent aussi l'accent sur la promotion de planificateurs européens de trajets multimodaux, que ce soit au niveau national ou paneuropéen, afin qu'ils puissent offrir des services transfrontaliers, de porte à porte. Ceux-ci devraient couvrir tous les modes de transport et être accompagnés de billetteries intégrées. Mais les ministres sont bien conscients que les financements ne sont pas au rendez-vous pour assurer un vaste déploiement des STI. Ils préconisent que le prochain budget de l'Union en 2014-2020 y consacre des ressources, notamment via le MIE, et suggèrent d'avoir recours à des modes de financement alternatifs, comme les partenariats public-privé. Ils préconisent aussi de mobiliser des financements pour l'utilisation urbaine des STI.
Les conclusions des 27 seront présentées au Congrès mondial sur les systèmes intelligents de transport qui se tiendra à Vienne, en Autriche, en octobre. (MD)