Bruxelles, 17/07/2012 (Agence Europe) - La Commission européenne a indiqué, mardi 17 juillet, avoir reçu la veille les engagements écrits du Premier ministre roumain Victor Ponta, qui, la semaine dernière à Bruxelles, avait été sommé de répondre à une série de préoccupations. Une liste de 11 points problématiques avait été soumise à Victor Ponta qui y a répondu « de manière détaillée », a indiqué le porte-parole Frédéric Vincent, sans préciser toutefois à ce stade si ces réponses répondaient pleinement aux attentes de Bruxelles. Le Premier ministre et le président de la Commission José Manuel Barroso se sont par ailleurs à nouveau entretenus au téléphone dans la soirée de lundi, a encore dit Frédéric Vincent.
Les événements des dernières semaines et la façon dont Bucarest aura répondu aux 11 points de la Commission seront bel et bien intégrés au rapport que cette dernière publiera ce mercredi 18 juillet sur l'état de la démocratie en Roumanie et en Bulgarie, a encore répété le porte-parole, le rapport roumain restant toutefois toujours ouvert et soumis à la discussion politique que les commissaires auront mercredi matin. Jeudi dernier, la commissaire Viviane Reding avait estimé que la Commission devait préconiser la poursuite de la surveillance des deux pays, opérée dans le cadre du Mécanisme de coopération et vérification (CVM) qui évalue depuis 2007 l'état des réformes judiciaires et les progrès dans la lutte contre la corruption. Ces deux rapports conditionnent par ailleurs en partie l'accession de Bucarest et Sofia à l'espace Schengen.
Lundi soir, le président roumain par intérim, Crin Antonescu, qui remplace Traian Basescu, suspendu de ses fonctions dans l'attente du référendum du 29 juillet, a en tout cas tenu à faire un geste de bonne volonté en direction de Bruxelles. Le président a justement promulgué une loi sur les contours de ce référendum, loi que la Commission européenne avait jugée cruciale, rapporte l'AFP.
Le président par intérim a en effet validé une décision de la Cour constitutionnelle roumaine, rendue mardi dernier, qui avait prescrit un seuil de participation minimale nécessaire de 50% (plus une voix) pour que ce scrutin soit jugé valable. La coalition de centre gauche au pouvoir, l'Union sociale-libérale (USL) de M. Ponta, avait jusqu'à présent refusé de dire clairement si cette disposition serait appliquée ou non pour le scrutin du 29 juillet. Le président Antonescu a toutefois fait savoir qu'il avait des réserves personnelles sur ce seuil de participation et dénoncé une entreprise de « désinformation » contre la Roumanie.
Mercredi 18 juillet, le parlement roumain devait également se réunir en session extraordinaire pour discuter de deux décrets d'urgence pris par le gouvernement Ponta particulièrement critiqués par la Commission, en l'occurrence un décret qui limite les pouvoirs de la Cour constitutionnelle et un autre décret relatif au référendum du 29 juillet. (SP)