Bruxelles, 17/07/2012 (Agence Europe) - Les opérateurs historiques, réunis au sein de l'association ETNO, sont ravis des propositions de Neelie Kroes en matière d'investissements dans le haut débit, dévoilées le 12 juillet dernier (EUROPE n° 10654). Par contre, les nouveaux opérateurs, représentés par l'ECTA, accusent la commissaire d'avoir « tourné le dos à la concurrence ». Les propositions de Neelie Kroes prévoient en effet un allègement de la pression réglementaire sur les ex-monopoles, qui ne devront pas baisser leurs tarifs d'accès aux réseaux en cuivre dont ils sont propriétaires (« dégroupage »). Pour rappel, l'ETNO et l'ECTA défendent une position strictement opposée sur la tarification des réseaux en fibre optique. Les opérateurs historiques doivent pouvoir relever les tarifs appliqués à leurs concurrents en échange de l'utilisation de leurs réseaux en cuivre afin de doper l'investissement dans la fibre optique, estime l'ETNO. Pour l'ECTA, les nouveaux opérateurs sont pénalisés par les prix excessifs demandés par les opérateurs historiques pour l'utilisation de leurs réseaux actuels, ce qui les empêche d'investir dans les réseaux en fibres. La déclaration de Mme Kroes mettra fin « à une longue période d'incertitude dans le secteur », s'est réjoui le président de l'ETNO, Luigi Gambardella. L'ETNO se félicite en particulier des règles stables qui prévaudront pendant huit ans, favorables à la planification des investissements, et des dérogations envisagées au modèle de tarification orientée vers les coûts préconisé jusqu'ici. Pour l'ECTA, c'est la déception. Si son président Tom Ruhan salue et soutient l'approche non discriminatoire envisagée par Neelie Kroes, il estime qu'elle permettra par contre aux opérateurs historiques de bénéficier de « vacances réglementaires » pour les réseaux de nouvelle génération. L'ECTA déplore également les suggestions en matière de méthodologie de prix. « Non seulement les opérateurs historiques retrouveront leur plein monopole sur les futurs réseaux, mais ils continueront également à exiger des prix excessifs aux consommateurs et à étrangler leurs concurrents sur les réseaux existants », déplore Tom Ruhan. (IL)