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Bulletin Quotidien Europe N° 10645
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SOCIAL / (ae) social

à la recherche d'un emploi, les flux migratoires au sein de l'UE

Bruxelles, 29/06/2012 (Agence Europe) - Depuis le début de la crise en 2008 les flux migratoires des pays du sud vers le nord de l'Europe ont été modérés. Toutefois, la donne pourrait changer radicalement si le chômage persiste. Déjà l'Allemagne a connu une progression de 90% de la migration en provenance de la Grèce entre l'année 2010 et 2011. De tels flux pourraient prochainement s'élever à « des niveaux jamais atteints depuis les décennies de l'après-guerre », prévient la Commission européenne dans sa dernière Revue trimestrielle, publiée mercredi 27 juin, qui consacre une « une attention particulière » à cette question.

Les données actuelles comptabilisent près de 8,7 millions de chômeurs dans les pays du sud de l'UE. Si dans les faits, ces personnes, particulièrement les jeunes, sont encore en majorité réticentes ou dans l'incapacité de migrer dans un autre État membre, elles affichent néanmoins le souhait de le faire dans un avenir proche. Le baromètre européen en 2011 a ainsi montré que deux tiers des chercheurs d'emploi italiens et espagnols, âgés de 15 à 35 ans, étaient prêts à s'installer en dehors de leur pays en vue de trouver un travail. Ils sont presque tout autant en Grèce (63%) et au Portugal (57%).

La publication de la Revue trimestrielle a coïncidé avec la sortie du rapport annuel 2012 de l'OCDE (l'Organisation de coopération et de développement économiques) sur les tendances migratoires internationales (EUROPE n°10643). Celui-ci, en dehors de constater que la migration à destination des pays européens a globalement chuté de 3% en 2010, souligne que les départs des pays du sud de l'Europe ont été beaucoup plus modestes que prévu.

Même constat pour la Commission, mais en disposant de données plus récentes, elle prévient que ce flux est en train de prendre des proportions plus importantes. Le nombre de migrants espagnols et grecs croît, ce qui contraste particulièrement avec « la baisse globale de mobilité intra-UE depuis 2008 ». Où vont-ils ? C'est l'Allemagne qui semble être perçue comme la terre promise. Si ce n'est pas le pays qui a enregistré le plus d'entrées, le Royaume-Uni étant toujours la destination la plus prisée, l'Allemagne fait face, aux côtés de la Belgique, à la plus forte dynamique. Entre 2010 et 2011, le flux migratoire y a augmenté de 45% en provenance des États membres du sud. Une augmentation de 52% de l'Espagne et de 90% de la Grèce. Qui sont-ils ? Il s'agit surtout de jeunes, bien éduqués, disposant de qualifications pour le secteur tertiaire.

Leur nombre total est encore relativement faible, comparé à la migration des États de l'Europe centrale et de l'Est. Cependant, souligne la Commission, « si le chômage des jeunes et le chômage de longue durée dans ces pays (de l'Europe du Sud, Ndlr) devaient persister ou s'aggraver à moyen terme, la mobilité vers l'Europe du Nord et vers les pays en dehors de l'UE pourrait augmenter beaucoup plus ». La perspective à moyen terme est difficilement prévisible, mais à court terme, tous les indicateurs montrent que le chômage ne fera qu'augmenter.

Quant aux conséquences d'une telle migration, la Commission estime que le danger d'une « fuite des cerveaux » est plutôt faible. Mais cette revue n'est finalement qu'une « première tentative » pour quantifier le phénomène et cerner les enjeux. D'autres études devront intégrer plus de données. Des données qui ne seront finalement qu'un indice parmi d'autres pour entrevoir les conséquences réelles de tels changements migratoires. Comme l'a souligné Angel Gurria, le secrétaire général de l'OCDE, « l'évolution du marché du travail et les flux migratoires sont étroitement liés ». Une évolution qui concerne tant les pays d'accueil que ceux qui voient partir leurs citoyens. (JK)

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