Bruxelles, 26/06/2012 (Agence Europe) - À quelques jours du sommet européen des 28 et 29 juin qui devrait confirmer l'engagement de l'UE de porter à 0,7% de son RNB son volume d'aide publique au développement (APD) d'ici à 2015, une nouvelle analyse par des ONG de l'aide des États membres invite les 27 à inverser la tendance alarmante à la réduction des budgets d'aide et à veiller à concentrer l'aide sur la lutte contre la pauvreté plutôt que sur les intérêts commerciaux et sécuritaires de l'UE. AidWatch Report 2012 'Aid We Can: more investment in global development' publié mardi 26 juin par CONCORD, la Confédération européenne des ONG d'urgence et de développement, fait écho au rapport ONE data 2012 (EUROPE n° 10641). Il souligne que la réduction des budgets d'aide est une tendance majeure avec une coupe de 500 millions d'euros sur les dépenses d'aide de l'UE 27 en 2011. Cette année-là, 9 États membres de l'UE-12 ont quand même atteint leurs objectifs individuels (Luxembourg, Suède Danemark, Pays-Bas, Royaume-Uni, Malte, Belgique, Finlande et Irlande). En revanche, l'Allemagne et la France étaient loin du compte puisqu'elles ont toutes dépensé en APD moins de 0,5% de leur RNB.
« Même en période de crise économique, de nombreux pays européens ont montré qu'il était possible de tenir ses promesses envers les plus pauvres au monde. De grands pays comme la France et l'Allemagne doivent se montrer plus généreux et ne pas se détourner de leurs engagements », commente Ben Jackson, directeur du réseau d'ONG britanniques Bond. Andris Piebalgs, commissaire européen au Développement ne dit pas autre chose. Saluant « le courage politique des 16 pays de l'UE qui, en dépit de contraintes budgétaires, ont réussi à augmenter leur aide aux populations pauvres en 2011», il reconnaît néanmoins que « l'UE doit passer à la vitesse supérieure pour tenir ses promesses, témoigner sa solidarité avec les plus pauvres au monde et sauver d'innombrables vies. C'est une question de crédibilité ».
L'an dernier, 11 États membres de l'UE ont réduit leur niveau d'aide, 9 pays projettent des coupes supplémentaires en 2012 et, parmi eux, l'Espagne et l'Italie procéderont probablement aux coupes les plus sévères (-53% pour la première et -38% pour la seconde).
Le rapport de CONCORD indique par ailleurs que 14% de l'aide de l'UE (qui demeure le premier donateur au monde avec 53 millions d'euros déboursés l'an dernier), soit 7,35 milliards d'euros n'ont pas atteint les pays en développement. L'aide véritable, c'est-à-dire celle qui représente un réel transfert de ressources vers les pays en développement est allouée par le Luxembourg, la Suède, le Danemark, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et l'Irlande. (AN)