Bruxelles, 26/06/2012 (Agence Europe) - Chypre est devenu le 5ème pays de la zone euro à solliciter le soutien financier de ses partenaires de la zone euro, à laquelle elle appartient depuis janvier 2008. Cette aide couvrirait les besoins de son secteur bancaire et de l'économie chypriote fortement exposés à l'économie grecque (EUROPE n°10639). « Le gouvernement de la République de Chypre a informé, (lundi soir), les autorités européennes appropriées de sa décision de soumettre aux pays membres de la zone euro une requête officielle d'assistance financière. (…) Le but du soutien demandé est de limiter les risques pour l'économie chypriote, notamment ceux émanant d'effets de contagion sur son secteur financier en raison de son exposition importante à l'économie grecque », a déclaré le gouvernement chypriote dans un communiqué.
Chypre s'orienterait vers un sauvetage 'complet' de son économie à l'image de l'aide apportée à la Grèce, à l'Irlande et au Portugal, auquel cas une 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI) se rendra prochainement dans l'île pour évaluer les besoins financiers et les mesures conditionnelles assorties à l'aide financière. « Le montant équivaudra à la somme nécessaire pour couvrir le recapitalisation et les obligations budgétaires. Il sera défini après une évaluation précise au cours de semaines à venir », a déclaré le ministre chypriote des Finances Vassos Shiarly, rapporte l'agence Reuters. La presse chypriote évoque une somme de 5 milliards d'euros. Nicosie doit notamment trouver 1,8 milliard d'euros d'ici fin juin pour recapitaliser la Banque populaire de Chypre. Les trois principales agences internationales de rating classent la dette chypriote dans la catégorie spéculative, l'île étant coupée des marchés depuis un an.
Jean-Claude Juncker a promis que l'Eurogroupe qu'il préside examinerait « rapidement » la demande de Chypre, parvenue le même jour que celle de l'Espagne (EUROPE n°10641). Selon lui, l'aide visera surtout à affronter les problèmes des banques. La Commission européenne prévoit que le déficit public chypriote atteindra 3,4% en 2012, alors que le pays doit le ramener à 3% du PIB cette année même. (MB)