Bruxelles, 18/06/2012 (Agence Europe) - En marge du Conseil Agriculture, le commissaire Dacian Ciolos a rencontré les ministres des huit pays producteurs pour discuter des problèmes de caractère plutôt structurel qui affectent le marché de l'huile d'olive. Il a présenté un plan d'action, qui sera formellement transmis à tous les pays de l'UE lors du comité de gestion de l'UE de ce mardi 19 juin.
Le secteur oléicole souffre d'une baisse de rentabilité, en raison du faible niveau des prix (résultat d'une offre excédentaire ainsi que d'un déséquilibre des rapports de force au sein de la filière). Les prix de l'huile d'olive se trouvent depuis longtemps à des niveaux très bas: en Espagne, les prix des catégories extra vierge et vierge se situent en dessous des seuils de déclenchement depuis le début de 2012. Face à une offre excédentaire, le seul instrument de marché disponible, l'aide au stockage privé, a été utilisé trois fois pendant la campagne en cours, sans toutefois avoir l'effet escompté sur les prix, ce qui semble confirmer que nous ne sommes plus dans une situation de déséquilibre conjoncturel mais bien structurel, indique-t-on du côté de la Commission.
Le plan d'action s'articule autour des axes suivants: - qualité et contrôle ; - restructuration du secteur ; - structuration de la filière ; - promotion ; - concurrence avec les pays tiers. Les atouts de la filière oléicole européenne étant la qualité de ses produits et leur image de marque, les principales actions à entreprendre ont pour objectif: - d'améliorer la qualité et son contrôle, par le biais de mesures visant à préserver et à promouvoir l'image de marque de l'huile d'olive européenne, ainsi qu'à mieux protéger/informer le consommateur ; - de renforcer la compétitivité de la filière, en ayant recours à toutes les possibilités offertes par la réforme de la PAC (politique agricole commune) et en mobilisant tous ses acteurs.
Des chiffres
Le marché de l'huile d'olive dans l'UE est dominé par l'Espagne. Du côté de l'offre, l'estimation de production espagnole pour la récolte 2011/2012 est de 1 604 000 t (record historique), ce qui signifie une troisième récolte consécutive abondante. Ceci exerce une pression constante sur les prix. La récolte italienne devrait être de l'ordre de 400 000 t (récolte moyenne) et celle de la Grèce 300 000 t. La production totale de l'UE 2011/2012 est de 2,4 millions t (+ 9 % par rapport à la moyenne). Concernant la demande, en Espagne, les exportations se portent bien (+ 6%) et le marché intérieur est stable au cours des sept premiers mois. Pour l'Italie et la Grèce, les prévisions de consommation intérieure et d'exportations pour la campagne en cours sont stables: respectivement pour chacun de ces pays à 660 000 t et 228 000 t pour la consommation et 312 000 t et 90 000 t pour les exportations. À noter le faible niveau des stocks de report en Italie (61 000 t) et en Grèce (98 000 t) tandis qu'en Espagne, le stock de fin de campagne pourrait atteindre un niveau historique de 636 000 t.
Depuis le début de l'année, les prix de l'huile d'olive extra vierge et vierge en Italie restent plutôt stables, à des niveaux respectifs de + 30% et + 6%, supérieurs à ceux de l'Espagne. Ceci s'explique par le caractère déficitaire du marché italien. En Espagne, les prix de l'huile d'olive extra vierge et de l'huile d'olive vierge se situent entre 97 et 99% du prix de déclenchement du stockage privé depuis plusieurs mois.
Stockage privé
Trois adjudications portant sur l'aide au stockage privé ont été ouvertes pour la campagne 2011/2012: 1) octobre 2011: 44 337 t d'huile de catégorie vierge (44 050 t en Espagne et 287 t au Portugal) ; 2) février 2012: 100 000 t d'huile vierge adjugées en Espagne ; 3) mai 2012: 100 000 t d'huile des catégories vierge et extra vierge. Dans cette dernière adjudication, une quantité totale de 86 281 tonnes a été acceptée dans le cadre des offres du 7 juin. Aucune offre n'a été soumise en Italie et en Grèce au cours de ces différentes adjudications. (LC)