Bruxelles, 18/06/2012 (Agence Europe) - Graham Watson, président du parti ADLE, a appelé lundi 18 juin les Vingt-sept à agir ensemble pour sortir de la crise. Il a ainsi évoqué ses inquiétudes face aux « développements potentiels » qui pourraient survenir à l'issue du Sommet des 28 et 29 juin, soulignant que d'un côté se trouvaient « Herman Van Rompuy, José Manuel Barroso, Mario Draghi et Jean-Claude Juncker » et que « Mario Monti, Angela Merkel, François Hollande et Mariano Rajoy » se voyaient de leur côté à l'occasion de mini-sommets (EUROPE n° 10635). Or, de son point de vue, pour rassurer les agences de notation et surtout les marchés, il faut montrer que l'Europe prend une « direction commune ». Il a également appelé à l'élaboration de « plans sérieux pour la croissance ».
Il a ensuite exprimé son soulagement face au choix des Grecs qui se sont à nouveau rendus aux urnes dimanche soir afin d'élire leur corps législatif (voir autre nouvelle) et a estimé que le résultat du scrutin témoignait d'une volonté « sincère de rester dans la zone euro ». Il a toutefois insisté sur l'importance « de continuer les réformes qui sont nécessaires ».
Quant à la direction que l'Union européenne doit prendre, il l'a résumée en trois étapes. La première consisterait en la création d'un Fonds d'amortissement de la dette. Mercredi 13 juin, le Parlement européen a d'ailleurs pris position en faveur de ce fonds. Celui-ci pourrait en outre constituer une étape préliminaire à la création d'euro-obligations, auxquelles l'Allemagne reste résolument opposée.
La seconde étape résiderait dans la création de « projet-bonds », avec l'aide financière de la Banque européenne d'Investissement (BEI).
La troisième et dernière phase consisterait alors à émettre des euro-obligations en bonne et due forme. Cependant, selon M. Watson, cela reste « plutôt lointain », bien que l'idée semble désormais avoir recueilli « un consensus suffisant d'opinions ».
Un des grands dangers qui menace la reprise est le niveau élevé de chômage des jeunes. La création d'emplois serait donc une urgence et pourrait se faire dans « l'économie existante ». C'est-à-dire même avant d'avoir mis en place une union budgétaire. Selon les derniers chiffres de l'OIT, le chômage toucherait en effet aujourd'hui un jeune Européen sur cinq. (EL-stag)