Bruxelles, 24/05/2012 (Agence Europe) - Le groupe Verts/ALE au Parlement européen est convaincu qu'il faut rouvrir le programme d'ajustement qu'Athènes doit mettre en œuvre en échange d'une aide financière internationale, afin de redonner de l'espoir à la population grecque. « Le problème grec », ce n'est pas être pour ou contre le mémorandum, mais c'est tout simplement l'avenir de la démocratie, a déclaré mercredi 23 mai le co-président du groupe parlementaire, l'Allemand Daniel Cohn-Bendit. Pour le Grec Nikos Chrysogelos, il faut « offrir un espoir, un soutien aux personnes qui ont perdu leur emploi » à cause du mémorandum. Appelant à une modification du programme grec de façon à le rendre « plus juste d'un point de vue social », il a invité la Commission européenne à faire rapport au PE sur cette question.
Les Verts suggèrent de reporter de deux ans, de 2014 à 2016, les objectifs de réduction du déficit budgétaire hellène. Cette mesure coûterait de 20 à 30 milliards d'euros, un somme que le Mécanisme européen de stabilité prendrait en charge. Sur le plan des investissements, ils proposent un véritable 'new deal' écologique afin notamment de réduire la facture énergétique, ainsi qu'un gel total des achats militaires. La création d'une nouvelle structure publique d'investissement, gérée par l'UE et les autorités publiques grecques, faciliterait le lancement de projets concrets. La 'task force' européenne en Grèce devrait aussi être renforcée.
Salaires. Sur le plan social, une révision des mesures contenues dans le 2ème sauvetage financier est nécessaire. Il faut voir, avec les partenaires sociaux, « si on n'est pas allé trop loin » dans la réduction des salaires, a estimé M. Cohn-Bendit. Il a cité l'exemple d'un professeur d'allemand dont le salaire est passé subitement de 1400 à 700 euros, et celui de retraités dont la pension a été diminuée de 1100 à 650 euros. L'eurodéputé a critiqué la promesse du parti de la gauche radicale Syriza d'augmenter à 1300 euros le salaire minimum dans la fonction publique. S'il l'impose, l'Europe dira: 'c'est fini, on ne paie plus'. Comment va-t-il payer les salaires ? Les gens iront dans la rue et il y aura un choc social, a-t-il prédit. « Qui va remettre de l'ordre ? Il y a une tradition en Grèce », a-t-il ajouté, en référence à la dictature militaire qu'a connue le pays.
Enfin, les Verts estiment que l'Union européenne devrait prendre en charge la sécurité des frontières entre la Grèce et les pays tiers, qui constituent le principal point d'entrée de l'immigration illégale en Europe. Un fonds de soutien devrait aussi être constitué afin d'améliorer la politique d'asile en Grèce. (MB)