Bruxelles, 24/05/2012 (Agence Europe) - Les réactions des principales forces politiques européennes au sommet européen informel du mercredi 23 mai sont mitigées: elles soutiennent l'élaboration d'un pacte européen pour la croissance, à condition que les mesures prises ne creusent pas les déficits, ainsi que les euro-obligations mais elles sont divisées sur la question grecque.
Croissance. Pour le Français Jospeh Daul, « la compétitivité est la clé de la croissance durable », et ne doit pas être considérée comme « un mot tabou ». Cependant, « la croissance ne reviendra pas avec un coup de baguette magique, pas plus avec des dépenses additionnelles pour lesquelles nous n'avons plus les moyens », a prévenu le président du groupe PPE au Parlement européen. Qui s'est prononcé pour rendre contraignants les objectifs de la stratégie 'EUROPE 2020'. Au nom du parti PPE, Wilfried Martens a plaidé pour « une ratification rapide du Pacte budgétaire » afin de lutter contre « les niveaux excessifs des dettes publiques ». De son côté, le président du groupe S&D Hannes Swoboda (S&D, autrichien) est convaincu que l'arrivée du président français François Hollande à la table du Conseil européen fera « une différence claire »: « Angela Merkel ne pourra plus continuer avec sa politique monothématique d'austérité ». « Étant donné l'aggravement de la crise de la zone euro, nous nous félicitons que le nouveau président français ait remis à l'ordre du jour les questions urgentes » devant conduire à plus d'emplois et de croissance, mais M. Hollande n'a visiblement « pas encore bien pris conscience des incontournables exigences sociales et environnementales », a considéré la co-présidente du groupe Verts/ALE au PE, l'Allemande Rebecca Harms.
Euro-obligations. Avant le sommet européen informel, le Parti socialiste européen (PSE) a exprimé son soutien en faveur des euro-obligations. Ce mécanisme financier constitue un « principe démocratique et un instrument utile pour sortir de la crise de la dette », a estimé son président Sergei Stanishev. Il a insisté sur l'importance d'établir un agenda pour une croissance durable en Europe. Convaincu qu'il existe plusieurs façons de surmonter les objections juridiques à la mutualisation partielle des dettes excessives, M. Swoboda a demandé à la Commission européenne de mettre sur la table des propositions concrètes. Comme le président du groupe S&D, Mme Harms a plaidé pour la création de nouveaux instruments tels qu'« un fonds d'amortissement » qui réduirait les coûts de refinancement des États, sachant que, à terme, « on ne pourra pas faire l'économie d'euro-obligations ».
Grèce. Lors de leur sommet préalable au Conseil européen informel, les leaders du PPE ont apporté leur « plein soutien » aux efforts du leader du parti conservateur 'Nouvelle Démocratie', Antonis Samaras, visant à maintenir la Grèce dans l'Eurozone. Ils se sont dits prêts à envisager de nouvelles pistes pour stimuler les investissements et poursuivre les réformes structurelles « nécessaires » tout en restant dans le cadre des objectifs du 2ème sauvetage financier. M. Stanishev a souligné que « nous devons montrer au peuple grec notre soutien indéfectible et soutenir le programme d'Evángelos Venizélos pour une sortie progressive et de façon responsable de la crise ». Pour M. Swoboda, « les déclarations ne suffisent pas », il faut envoyer « des signaux clairs ». À savoir: « Si les citoyens grecs élisent un gouvernement responsable, un paquet de réformes améliorées et socialement plus équilibré pourrait être offert ». Notamment à travers « un allongement du calendrier fixé pour atteindre les cibles budgétaires agréées ». Le ton est plus dur chez les Verts. « Ce qu'exprime actuellement la majorité des dirigeants concernant la crise grecque montre qu'ils sont des apôtres de la méthode Coué: ils disent, d'une part, que la Grèce doit rester dans l'euro et respecter la discipline budgétaire et, d'autre part, ils ne font rien pour la retenir en lui imposant des mesures absolument draconiennes », a déploré le co-président du groupe Verts/ALE au PE, l'Allemand Daniel Cohn-Bendit. Estimant « indispensable de donner de l'oxygène aux Grecs », il s'est prononcé pour une adaptation du programme d'ajustement qu'Athènes doit mettre en œuvre en échange d'une aide financière internationale, afin de rendre celui-ci « socialement acceptable ». Les Verts proposent un plan d'investissement durable spécifique pour permettre à la Grèce de sortir la tête de l'eau (voir autre nouvelle). (MB)