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Bulletin Quotidien Europe N° 10620
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) mÉditerranÉe

L'UpM souhaite conquérir la confiance des investisseurs

Barcelone, 24/05/2012 (Agence Europe) - Le comité des projets de l'UpM (Union pour la Méditerranée) a tenu mardi 22 mai à Barcelone sa première réunion. Cette session inaugurale a été consacrée à l'examen d'une liste de projets prioritaires identifiés et surtout à la mise au point de méthodes de travail plus « structurées et professionnelles » aptes à accorder à l'UpM la confiance qui a pu lui faire défaut depuis sa création. Le nouveau secrétaire général a, dit-il, conscience de l'important défi de reconquête pour assurer la crédibilité de l'institution aussi bien auprès des États que des investisseurs.

Les projets: le plus achevé concerne le dessalement de l'eau à Gaza pour lequel un consensus existe déjà au sein des 43 États membres de l'UpM, dont l'UE. Des promesses de financements sont faites et la BEI a pris en charge une part des frais d'assistance pour l'identification du projet. Des fonds arabes seraient prêts à contribuer pour moitié aux financements. Le deuxième projet significatif sélectionné prévoit la finalisation de l'autoroute transmaghrébine, soit l'achèvement des tronçons de 22 km sur la frontière algéro-marocaine et 80 km sur celle entre l'Algérie et la Tunisie. La finalisation de ce projet de voie rapide couvrant les trois pays devrait, escomptent ses concepteurs, favoriser les échanges dans la zone dans laquelle, malgré quelques obstacles politiques, la volonté d'intégration serait de plus en plus perceptible. L'« impact politique » est mis en avant autant que les « importantes » retombées économiques et sociales du projet.

Troisième projet sélectionné, jugé également bénéfique pour l'intégration régionale: LOGISMEDTA pour lequel les États membres de l'UpM, dont l'UE, ont déjà donné leur feu vert fin 2011. Il vise la formation de spécialistes de la logistique et la création d'un réseau d'experts logistiques sur la rive sud pour un coût total de 4,2 millions d'euros. La BEI a marqué son intérêt à contribuer à hauteur d'1 million d'euros. Des contacts sont en cours pour « vendre » le projet au secteur privé et compléter son financement. Quatrième projet, intitulé: « Women Empowerment ». Il est destiné à faciliter l'insertion économique des jeunes femmes, par « la promotion de l'entrepreneuriat dans les universités ». Des journées de l'entrepreneuriat féminin sont envisagées à commencer par la Jordanie, le Maroc, la Palestine et l'Espagne. Enfin, un projet dans le domaine de l'enseignement supérieur [création d'un master en « sciences du risque » en liaison avec the « Euro Mediterranean Institute in Risk Science » de Sophia Antipolis (France)] est sur les rails.

Divers autres projets sont mis à l'étude et leur faisabilité reste à établir: un Office Méditerranéen de la jeunesse, une université spécialisée notamment dans les technologies solaires, à Fès (Maroc), le lancement d'une « initiative emploi » en Méditerranée en direction de la jeunesse et des femmes pour accroître leurs chances d'« employabilité ». Un projet de dépollution en Tunisie (Lac de Bizerte) et un autre, d'infrastructure ferroviaire en Jordanie, sont à l'examen. Parallèlement, des réunions d'experts techniques et financiers sont programmées pour la finalisation du vaste projet emblématique de « plan solaire » euro-méditerranéen et de développement des énergies renouvelables (EUROPE n° 10616).

Institué par le nouveau secrétaire général, le comité de projets a pour mission de focaliser les tâches du secrétariat général de l'UpM sur l'identification et la promotion de projets « bancables » et la recherche de financements adéquats. Il entend ainsi rompre avec une pratique observée jusqu'à présent, à savoir que les propositions fusaient d'une réunion à l'autre, sans préparation technique ni étude de la priorité et de l'opportunité des projets. Le secrétaire général et ses six adjoints, chargés chacun d'un secteur particulier prépareront désormais la décision des États membres et ne leur livreront, via le Comité des Hauts fonctionnaires, le « chapeau » politique de l'UpM, que des projets passés au crible par le Comité des projets, en liaison avec les administrations et services techniques concernés dans les États membres et à la Commission européenne. Un des buts serait aussi de créer une « labellisation » des projets et de les insérer dans une démarche cohérente de développement de la région. La refonte des méthodes de travail au sein de l'UpM se veut globale: il a en même temps été institué un comité de financements focalisé sur la mobilisation de fonds pour les projets aussi bien en stade initial qu'au stade de la réalisation. Plus un troisième comité chargé de gérer le fonctionnement de l'UpM elle-même et son administration.

M. Sijilmassi assure de sa volonté de faire entrer l'organisation dans une phase nouvelle pour une mobilisation efficace des ressources potentielles et il a, dans cette voie, pris son bâton de pèlerin pour aller d'une capitale à une autre, plaider l'effort et le concours de tous les États membres en soutien aux projets sélectionnés et de mobiliser les ressources privées potentielles. L'ambition serait de favoriser une meilleure coordination des actions des différents acteurs de poids, la BEI, la BERD, les fonds nationaux (allemands, français, arabes) et les institutions financières privées ou parapubliques vouées à la région. (FB)

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