Bruxelles, 24/05/2012 (Agence Europe) - La République tchèque fait face à un risque budgétaire « plutôt élevé » si la Commission européenne maintient son gel des fonds structurels décidé à la suite de malversations observées, a reconnu le Premier ministre tchèque Petr Necas, jeudi 24 mai à l'issue d'une rencontre avec le président de la Commission européenne José Manuel Durão Barroso. « La situation est plutôt sérieuse », a-t-il ajouté: dans le pire des cas, c'est-à-dire si la Commission ne verse pas « 10 milliards » d'euros de cofinancements prévus pour 2012, le déficit atteindra « 6% » par rapport au PIB alors que nous espérons le ramener sous la barre des 3%. Une situation qui détruirait notre stratégie budgétaire, a estimé M. Necas, pour qui « chaque euro compte et doit être dépensé de façon efficace ».
Pour M. Barroso, la bonne gestion des fonds structurels en République tchèque, que ce soit en termes de régularité, d'éligibilité et de calendrier, est d'une « importance capitale ». Notamment parce que Prague est le premier bénéficiaire par habitant de la politique européenne de cohésion pour 2007-2013. Sur cette période, 38,6 milliards d'euros ont été alloués à cet État membre. Un plan d'action est en cours d'application afin de corriger les irrégularités observées. La Commission procédera à des audits en juin et juillet sur les mesures adoptées par les autorités tchèques. Ce n'est qu'après cet exercice qu'elle décidera, au plus tard fin juillet, de reprendre le paiement des fonds structurels.
Agenda pour la croissance. M. Necas a estimé que la croissance, « essentielle », pouvait uniquement se matérialiser dans « un environnement stable et durable ». « Nous devons nous focaliser sur la discipline budgétaire », a-t-il considéré, convaincu qu'« il n'y a aucune raison de modifier cette approche ». Du véritable miel pour les oreilles de M. Barroso, satisfait du soutien du premier tchèque à la stratégie de sortie de crise de la Commission axée sur l'assainissement des finances publiques et la croissance. (MB)