Bruxelles, 07/05/2012 (Agence Europe) - Le commissaire chargé de l'euro Olli Rehn a estimé que le Pacte de stabilité et de croissance révisé, bien qu'il intègre des règles quantitatives en matière de déficit budgétaire, permet une marge d'appréciation en fonction de la situation économique spécifique d'un pays. « Le Pacte de stabilité et de croissance n'est pas stupide. Oui, le cadre budgétaire européen est basé sur des règles, avec des valeurs de référence claires pour le déficit public et la dette pour le déclenchement de la procédure pour déficit excessif et, si besoin, des sanctions. Mais, dans le même temps, le Pacte autorise, en ce qui concerne sa mise en œuvre, une marge considérable d'appréciation basée sur l'analyse économique », a-t-il déclaré samedi 5 mai lors d'une conférence organisée par l'Université libre de Bruxelles. Il a relevé l'existence d'« une différenciation » dans l'interprétation des règles, en fonction des conditions macroéconomiques et de la situation budgétaire de chaque État membre. Et M. Rehn d'évoquer aussi la possibilité pour les pays qui en ont la possibilité de laisser « les stabilisateurs automatiques fonctionner pleinement ». Une référence à l'Allemagne, pays excédentaire, pour qu'elle fasse davantage pour favoriser la consommation sur le plan interne. Son ministre des Finances M. Schäuble s'est d'ailleurs prononcé pour des augmentations salariales.
Outre une consolidation des finances publiques ciblée et différenciée, le commissaire a identifié deux autres volets d'une stratégie capable de stimuler la croissance. Il a plaidé pour la poursuite des réformes structurelles afin de réduire les déséquilibres macroéconomiques et les divergences de compétitivité dans l'Union européenne. Fin mai, la Commission fera des recommandations spécifiques aux 12 pays (Belgique, Bulgarie, Chypre, Danemark, Espagne, Finlande, France, Hongrie, Italie, Slovénie, Suède, Royaume-Uni) qui ont fait l'objet d'une analyse approfondie dans ce domaine (EUROPE n°10553). Troisième volet: la stimulation des investissements dans les infrastructures et l'achèvement du marché intérieur. Plaidant pour des instruments financiers innovants tels que les 'project bonds', M. Rehn indique que la Commission est en train d'explorer la création d'instruments permettant de partager les risques inhérents aux investissements, à travers notamment la reprogrammation des fonds structurels européens en vue de créer des fonds de garantie pour les petites et moyennes entreprises. (MB)