Bruxelles, 07/05/2012 (Agence Europe) - La lutte contre la corruption reste insuffisante au Portugal alors que le pays, sous assistance financière depuis mai 2011, traverse une période d'incertitude autour de sa situation économique, a estimé lundi 7 mai dans un rapport l'ONG Transparency International, rapporte l'AFP. Selon ce rapport, le phénomène s'explique notamment par la mauvaise coordination entre les divers organismes compétents, le manque d'autorités judiciaires spécialisées tout comme par le manque de volonté politique pour adopter une stratégie cohérente de lutte contre la corruption.
Réalisé par divers organismes privés et publics réunis au sein d'un 'système national d'intégrité' (SNI), ce rapport cite comme exemples du phénomène des « privatisations opaques », des « dépenses ministérielles non budgétées », des « ventes frauduleuses du patrimoine public » ou des « nominations de dirigeants d'entreprises et organismes publiques sans aucun critère de compétence ». Selon ce collectif, les résultats du Portugal sont même « inférieurs à ce que l'on pouvait attendre d'un pays développé, industrialisé et intégré dans l'UE ».
Les résultats ont également souligné des risques de corruption associés aux politiques d'austérité mises en œuvre depuis un an dans le pays en échange du plan d'aide de 78 milliards d'euros. « Des mesures telles que les privatisations, la renégociation des partenariats public-privé ou la restructuration du secteur de la défense » doivent être absolument transparentes, indiquent les auteurs de l'étude qui s'inquiètent cependant d'un certain empressement des autorités politiques à mettre en œuvre les réformes. Le rapport insiste aussi sur la nécessaire vigilance à exercer en ce qui concerne les réductions budgétaires dans le secteur de la justice et dans l'administration publique, qui pourraient affaiblir les « piliers fondamentaux de la société portugaise » et rendre les fonctionnaires, juges ou magistrats « plus sensibles à des pressions ou des pots-de-vin ». (SP)