Bruxelles, 07/05/2012 (Agence Europe) - Au lendemain de la confirmation par l'ensemble du Congrès argentin de l'expropriation du pétrolier espagnol Repsol de sa filiale locale YPF, Mariano Rajoy a ouvertement critiqué la décision de Buenos Aires, l'accusant de « chercher à cacher ses propres faiblesses ».
Alors qu'elle aurait pu s'interpréter comme un signe de la faiblesse actuelle de l'Espagne sur la scène internationale, « cette opération a probablement à voir avec la faiblesse de celui qui prend la décision », donc de l'Argentine, où d'autres entreprises américaines et étrangères ont aussi été expropriées, a laissé entendre le Premier ministre espagnol, sur la radio Onda Cero, lundi 7 mai. « Parfois on essaie de cacher ses propres faiblesses en faisant des actes, soi-disant d'autorité. Ce geste crée beaucoup de doutes. C'est très désagréable et les investisseurs y penseront (avant d'investir en Argentine). Je pense que cela nuit infiniment plus au pays qui prend cette décision qu'à l'entreprise affectée », a estimé M. Rajoy.
Le Congrès argentin a définitivement adopté le 4 mai le projet de loi visant à exproprier à hauteur de 51% le pétrolier espagnol Repsol de sa filiale argentine YPF. Après le Sénat, la Chambre des députés a adopté le projet de loi de la présidente Cristina Kirchner par 207 voix pour, 32 voix contre et 6 abstentions, le parti au pouvoir disposant d'une majorité des sièges et d'un soutien écrasant de l'opposition sur ce dossier. Le groupe pétrolier espagnol et l'Argentine devront maintenant s'affronter devant les tribunaux internationaux.
L'Espagne a subi la semaine dernière un nouveau coup dur en Amérique latine, avec l'expropriation, par la Bolivie, de la filiale locale du gestionnaire du réseau électrique espagnol, Red Electrica. (EH)