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Bulletin Quotidien Europe N° 10609
INSTITUTIONNEL / (ae) grÈce

élections, l'UE s'inquiète et rappelle Athènes à ses obligations

Bruxelles, 07/05/2012 (Agence Europe) - La Commission européenne attend de la Grèce qu'elle respecte les engagements pris dans le cadre du plan de sauvetage du pays, a déclaré lundi 7 mai, une de ses porte-parole, Pia Ahrenkilde-Hansen, au lendemain de la défaite aux élections législatives grecques des deux partis politiques grecs favorables au 2ème sauvetage qu'Athènes a négocié avec ses créanciers internationaux. Avec seulement 149 des 300 sièges au parlement national, le parti conservateur Nouvelle Démocratie (108 sièges) et le parti socialiste PASOK (41) devront s'allier à un troisième parti pour former un gouvernement. Raflant 151 sièges, cinq partis hostiles aux politiques d'austérité entrent au parlement grec dont un parti néo-nazi. Cette situation complique la formation d'un gouvernement favorable au 2ème sauvetage grec, à moins que le parti pro-européen de gauche Dymar (19 sièges) n'accepte de rentrer au gouvernement. Lundi, craignant le retour de l'instabilité, les bourses européennes avaient ouvert en nette baisse.

Mémorandum en sursis ?

Le leader de Nouvelle Democratie, Antonis Samaras, a désormais trois jours pour former un gouvernement. « Je comprends la colère du peuple, mais notre parti ne laissera pas la Grèce sans gouvernement », a-t-il déclaré dimanche, prêt à discuter avec tous les partis, hormis le parti d'extrême droite qui a gagné 21 sièges. Il a proposé la formation d'un gouvernement de salut national pour maintenir la Grèce dans l'euro, en s'engageant à « changer la politique du mémorandum » d'austérité « jusqu'au retour de la croissance et l'apaisement de la société ». Selon ce mémorandum, la Grèce doit adopter d'ici fin juin 11 milliards d'euros de coupes budgétaires. Si M. Samaras n'arrive pas à former un gouvernement, il reviendrait au leader du parti de gauche radicale Syriza (52 sièges), opposé à ce mémorandum, de tenter d'en former un. Le Premier ministre grec sortant, Lucas Papademos, a lui appelé à la stabilité: « Il est très important d'assurer la stabilité, la confiance et la solidarité afin de mener à leur terme les efforts pour redresser l'économie ».

Prudente, l'UE prône la stabilité

Lundi, dans les institutions européennes, l'heure était à la prudence et aux rappels des engagements du pays. « Il n'y a pas encore de nouveau gouvernement en Grèce, mais la Commission espère et attend du futur gouvernement grec qu'il respecte les intérêts et les engagements pris par la Grèce », a considéré Mme Ahrenkilde-Hansen. Soulignant qu'il appartient aux forces politiques du pays de travailler « rapidement » et « dans un esprit de responsabilité pour former un gouvernement avec une majorité stable », elle a précisé que la Commission était « prête à continuer à assister la Grèce dans les réformes en cours dans le cadre du 2ème programme d'ajustement économique », qui constitue, selon elle, « la base d'une reprise économique avec une croissance soutenable et la création d'emplois ».

Pour le porte-parole du commissaire chargé de l'euro Olli Rehn, Amadeu Altafaj Tardio, l'Union européenne demeure convaincue qu'Athènes « doit rester un membre de la zone euro ». « Chacun doit prendre ses responsabilités », a-t-il néanmoins averti. Et de souligner: « Nous faisons beaucoup de choses pour aider la Grèce. Il y a beaucoup de solidarité mais la solidarité va dans les deux sens ». Il a rappelé la position des créanciers institutionnels de la Grèce selon qui la mise en œuvre des réformes est « essentielle pour la durabilité de la dette grecque ».

Le commissaire au Marché intérieur, Michel Barnier, a toutefois estimé que les résultats électoraux en Grèce montrent qu'« on est à la limite de la soutenabilité pour le peuple ». Une situation que les autorités européennes et le FMI devront étudier de « très près ». Sur la question de la nécessité d'assouplir le programme d'austérité, M. Barnier a estimé nécessaire de « maintenir les réformes en Grèce », tout en reconnaissant l'existence de « mécanismes d'évaluation, d'adaptation, d'ajustement » à l'intérieur même du plan de sauvetage de la Grèce. Et le commissaire de s'interroger sur la façon d'« aider les partis politiques grecs à constituer une majorité d'union nationale ».

Moins alarmiste, le président du Parlement européen, Martin Schulz, a souligné que le résultat des élections en Grèce devait être « calmement analysé afin de savoir ce qui est faisable ». « Le résultat du vote ne mérite pas de réaction excessive », a-t-il poursuivi précisant que l'objectif en Grèce devrait être de « former une coalition qui collerait à l'engagement de la Grèce à l'Union européenne ».

Le gouvernement allemand s'en tient « aux mesures qui ont été décidées ». Son porte-parole Steffen Seibert a ainsi rappelé que le 2ème plan de sauvetage à la Grèce demeurait la « meilleure voie » pour sortir de la crise, rapporte l'AFP. Tant que ces mesures sont appliquées « nous soutiendrons la Grèce, peu importe qui est au gouvernement », a-t-il ajouté. « Cette politique se compose d'une grande solidarité européenne, d'une part, et d'efforts considérables du côté grec », d'autre part, dans le but de « rétablir à long terme la compétitivité mais aussi la stabilité financière de la Grèce ». (CG)

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