Strasbourg, 18/04/2012 (Agence Europe) - Les députés européens sont divisés avant le vote sur le transfert de données des passagers aériens aux États-Unis. Tout dépend des garanties qui seront apportées pour que les données soient exclusivement utilisées pour la lutte contre le terrorisme et le crime organisé. Si le vote, jeudi 19 avril, sur les données des passagers (PNR) est au top des priorités des députés, les suites à donner à la crise et le rôle de la BCE restent en haut de l'agenda. Les socialistes attachent également de l'importance à la lutte contre l'évasion fiscale. Les Verts pour leur part minimisent l'angoisse liée à la taxation du diesel.
Données des passagers. Le PPE affirme clairement qu'il votera en faveur de l'accord PNR « les USA ont le droit de savoir qui débarque, et nous ne souhaitons pas que les relations aériennes avec les États-Unis s'arrêtent », a expliqué Axel Voss (PPE, allemand). Le chef de file des socialistes, Hannes Swoboda (S&D, autrichien) a pour sa part déjà affirmé qu'il voterait en faveur de l'accord, mais il respecte la liberté de vote de son groupe: « Je vais soutenir l'accord malgré les lacunes qu'il comporte. Je souhaite que mes membres votent pour, mais je comprends que pour certains ce soit inacceptable », a-t-il dit. Il veut que la Commission promette de vérifier l'utilisation des données, et que si le PE remarque des abus, la législation soit suspendue. Les libéraux démocrates de l'ADLE opposeront quant à eux un non catégorique à la poursuite des transferts tant que des garanties ne sont pas clairement apportées: « L'échange des données est censé lutter contre le terrorisme et la criminalité organisée mais nous ne voulons pas que les USA utilisent ces données à d'autres fins (…) Si notre groupe vote oui on non, dépend de ces garanties », affirme le chef de file du groupe, le Belge Guy Verhofstadt. La veille du vote, les Verts sont toujours partagés, Rebecca Harms (Verts/ALE, allemande) expliquant néanmoins que son groupe n'est pas satisfait des propositions faites.
Rôle de la BCE dans la crise. Alors que les députés s'apprêtaient à s'entretenir avec le président de la Commission, José Manuel Barroso, sur les moyens de lutter contre la crise économique, (voir autre nouvelle), les chefs de file des groupes politiques européens ont insisté pour dire que la crise n'est pas finie, et que la Commission doit miser sur la croissance, et pas sur les mesures d'austérité « qui ont conduit l'Espagne à la faillite », a fait valoir Daniel Cohn-Bendit (Verts/ALE, allemand). Joseph Daul (PPE, français) insiste sur la création d'emplois à tout prix. Défendant le rôle de la Banque centrale européenne (BCE), MM. Cohn-Bendit et Verhofstadt expliquent que celle-ci a surtout essayé de gagner du temps. Mais M. Cohn-Bendit regrette surtout que « les grands décideurs n'ont toujours pas tiré les conclusions de la stratégie de la BCE ». Pour le socialiste Swoboda « la BCE a fait beaucoup pour sauver la zone euro » et travaille bien, mais « on n'a pas la politique sociale et d'emploi qui correspond ».
Évasion fiscale. M. Swoboda rappelle à cette fin l'importance de la lutte contre l'évasion fiscale:
« Si ne fût-ce que 200 milliards d'euros pas an pouvaient être récupérés, on pourrait augmenter les investissements de 2,7 à 3, 5% du PIB, imaginez les résultats sur l'emploi !», s'enthousiasme-t-il, alors que la Commission et le Conseil présentaient des mesures en la matière, après l'intervention de M. Barroso.
Taxer le diesel. Les Verts accordent aussi de l'importance au vote sur la taxation des produits énergétiques et de l'électricité, qui introduit notamment une imposition du diesel. Mme Harms estime que cette nouvelle taxation n'est pas présentée correctement: « Il a été dit que les prix du carburant vont exploser en Allemagne, c'est une affirmation absurde, en Allemagne on pourrait s'accommoder en réduisant les impôts pour l'essence, de plus il y a des délais de transition prévus jusqu'en 2025 ». Et d'insister pour que les intentions de la Commissions soient soutenues, lors du vote jeudi. (MD)