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Bulletin Quotidien Europe N° 10597
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SOCIAL - CULTURE / (ae) social

Trois pistes pour stimuler la création d'emplois

Bruxelles, 18/04/2012 (Agence Europe) - Dans un contexte d'un taux de chômage moyen de plus de 10 %, record absolu pour l'UE, la Commission européenne a présenté, mercredi 18 avril, un paquet de recommandations et d'idées pour relancer l'emploi et la croissance (EUROPE n° 10596). Et la tâche s'annonce difficile: depuis 2008, six millions d'emplois ont été perdus. La Commission propose trois volets d'action pour une stratégie européenne à moyen terme. S'il revient avant tout aux États membres d'agir, puisque l'emploi est une compétence nationale, la Commission souhaite aussi « mettre en mouvement les leviers de l'UE à l'appui d'une reprise riche en emplois, abordant à la fois la demande et l'offre sur le marché du travail et en prenant des mesures supplémentaires en vue de créer un véritable marché européen du travail ».

La Commission voit d'un bon œil la mise en place de systèmes nationaux de rémunération minimale qui peuvent, selon elle, jouer un rôle dans la lutte contre le phénomène des travailleurs pauvres. Elle prône aussi une flexibilité de ces systèmes qui devraient être régulièrement ajustés notamment sur une base sectorielle, en collaboration avec les partenaires sociaux.

Sur la question très sensible du salaire minimum, la Commission écrit dans sa communication 'vers une reprise génératrice d'emplois' que « la fixation de salaires minimaux adaptés peut aider à prévenir une augmentation du nombre de travailleurs pauvres et est importante pour garantir la qualité d'emplois décents ». Elle admet que la pauvreté menace surtout les intérimaires, les ménages à faible intensité de travail et les familles monoparentales dont le chef de ménage travaille, surtout dans les pays où les écarts salariaux sont importants et où les salaires minimaux sont faibles. La Commission ajoute que les minimums salariaux doivent pouvoir être ajustés suffisamment, en concertation avec les partenaires sociaux, pour refléter l'évolution de la conjoncture économique générale. Dans ce contexte, « des salaires minimaux différenciés, déjà appliqués dans plusieurs États membres, peuvent être un moyen efficace de préserver la demande de main-d'œuvre ».

Le président de la Commission, José Manuel Barroso, a déclaré: « L'Europe a besoin d'une stratégie pour créer des emplois et faire baisser le taux de chômage, qui a atteint un niveau inacceptable. L'Union dispose d'un énorme potentiel inexploité pour favoriser cette démarche. L'économie verte et les secteurs de la santé et des nouvelles technologies créeront plus de vingt millions d'emplois dans les années à venir. Les États membres doivent saisir cette chance, mobiliser les ressources existantes et stimuler leur marché du travail en étroite concertation avec les partenaires sociaux. Ensemble, nous pourrons y arriver.»

Le commissaire européen à l'Emploi, László Andor, a rappelé que les taux de chômage actuels dans l'Union sont « spectaculaires et inacceptables », et que la création d'emplois doit devenir une vraie priorité européenne. Selon lui, « pour renouer avec la croissance et répondre aux grandes mutations structurelles dues à la conversion de l'économie en économie verte, au vieillissement de la population et à l'évolution technologique, l'Union a besoin d'un marché du travail européen dynamique, dans lequel chacun a sa place ».

Soutien à la création d'emploi. La Commission encourage les États membres à agir dans les domaines suivants, avec l'aide possible des fonds européens de cohésion: - subventions ciblées à l'embauche (pour les jeunes et les chômeurs de longue durée) ; - transfert du poids de la fiscalité sur le travail sur la fiscalité indirecte (taxes environnementales, sur la consommation, foncières) ; - promotion de l'activité des indépendants, des entreprises sociales et des 'start-ups' ; - régularisation du travail illégal.

Les gouvernements devraient aussi entamer des « transformations structurelles » pour faire face aux défis environnementaux, démographiques et économiques à venir. Des défis qui peuvent aussi représenter des opportunités d'emploi, selon la Commission. Ainsi, l'économie 'verte' serait à même de créer 5 millions d'emplois à l'horizon 2020, tandis que le défi du vieillissement démographique crée des besoins importants en termes d'emploi dans les secteurs médical et de l'aide à la personne. Sans oublier le potentiel que représente le secteur des nouvelles technologies de l'information et de la communication.

Restaurer la dynamique des marchés de travail. Comment adapter les marchés d'emploi à la morosité économique ? Le principe de toutes les mesures, que la Commission souhaite promouvoir, se résume en un seul concept: la 'flexicurité'. Associer flexibilité d'embaucher et de licencier et sécurité à travers la couverture sociale est un mariage de raison pour la Commission, qui prend exemple sur des modèles qui fonctionnent dans le Nord de l'Europe. Dans la pratique, la 'flexicurité' se traduit notamment par une gestion plus souple des heures de travail, la possibilité de recourir au temps de travail partiel et en des nouveaux types de contrat de travail. Cette flexibilité devrait aussi être accompagnée de filets de protection, notamment à travers des systèmes de rémunération minimale, et faciliter les transitions professionnelles. Celles des jeunes, des chômeurs, des femmes et des personnes âgées, par exemple. En outre, développer des systèmes de formations tout au long de la vie professionnelle, anticiper les restructurations économiques, renforcer le dialogue social et promouvoir un rôle actif des agences publiques d'emploi, telles sont les quelques mesures qui traduisent la volonté de la Commission de voir un investissement de tous les acteurs pour relancer l'activité économique au sein de l'Union européenne.

Pour accentuer le fait que les solutions et les problèmes liés à l'emploi ne sont pas strictement nationaux, la Commission appelle à lever les restrictions qui ciblent les Bulgares et les Roumains pour accéder au marché de travail des autres États membres et, plus généralement, celles qui touchent les Européens pour accéder à certains postes dans les services publics dans un autre pays que celui dont ils sont originaires. Pour elle, le marché intérieur ne sera achevé que si lorsque la mobilité intracommunautaire sera une réalité. Les disparités demeurent en effet importantes au sein de l'UE en matière d'offre et de demande d'emploi. Nuisent néanmoins à cette mobilité vantée plusieurs obstacles, comme le manque de reconnaissance des diplômes, la mauvaise gestion des systèmes de protection sociale et des retraites pour les travailleurs migrants. Pour cette raison, la Commission lancera d'ici fin de 2012 un 'Panorama de compétence', tout comme elle souhaite proposer des règles communes relative à l'imposition des travailleurs migrants.

Renforcer la gouvernance de l'UE. La gouvernance économique européenne est un processus en route, avec le processus du 'Semestre européen' dans les domaines budgétaire et macro-économique. La crise économique a révélé le besoin « d'accompagner la nouvelle gouvernance économique avec une coordination renforcée des politiques de l'emploi et sociales », relève la Commission. Qui identifie trois pistes pour mieux tenir compte des questions d'emploi dans la gouvernance économique européenne: - un droit de regard accru sur les politiques nationales (intégration des futurs 'plans nationaux pour l''emploi' dans le 'Semestre européen') ; - l'implication accrue des partenaires sociaux (mise en place de réunions tripartites à la veille des Conseils ÉCOFIN et EPSCO) ; - des liens renforcés entre politiques budgétaire, d'emploi et sociale (meilleure synergie entre les objectifs de la stratégie 'EUROPE 2020'et le cadre financier pluriannuel 2014-2020). (MB/JK)

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