Bruxelles, 18/04/2012 (Agence Europe) - La Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères Catherine Ashton a annoncé, mardi 17 avril, que l'Union européenne va alléger ses sanctions contre les autorités de Birmanie, en raison des avancées démocratiques récemment observées dans ce pays. « En janvier, nous avons suspendu l'interdiction de visas pour les membres du gouvernement. À la fin de ce mois, nous ferons davantage. Des décisions vont être prises au Conseil des Affaires étrangères » lundi 23 avril, a-t-elle expliqué lors de la session plénière du Parlement européen. L'UE pourrait par exemple autoriser certains investissements ainsi que les importations de plusieurs produits sensibles. « On se dirige vers une suspension » de certaines sanctions, a confirmé une source européenne. Mme Ashton a par ailleurs annoncé qu'elle se rendrait dans le pays « la semaine prochaine », du 28 au 30 avril. Elle y rencontrera le président birman, des membres du gouvernement ainsi que l'opposante Aung San Suu Kyi, récemment élue au parlement birman.
Soutien du PE. Les députés européens soutiennent la révision des sanctions européennes à l'encontre de la Birmanie, « sauf l'embargo sur les armes », tout en appelant à la prudence. « La démocratie n'apparait pas du jour au lendemain. Nous devons être prudents mais nous devons réagir très attentivement », a expliqué Geoffrey Van Orden (CRE, britannique). Ivo Belet (PPE, belge) a demandé au Conseil de « réexaminer les mesures imposées au Myanmar » dans un délai « d'une année ». Selon lui, la situation reste fragile et le « véritable test » pour la démocratie aura lieu dans trois ans avec les élections législatives. Une opinion partagée par Wolf Klinz (ADLE, autrichien). Libor Roucek (S&D, tchèque) a appuyé la levée des sanctions, en précisant que l'UE devait « soutenir les réformes par le biais d'une révision progressive des sanctions ». « Nous devons saisir l'opportunité et aider (le pays, ndlr) dans son évolution démocratique », a-t-il ajouté. Pour la Verte allemande Barbara Lochbihler, les réformes doivent bénéficier à toute la population et non pas aux militaires qui détiennent le pouvoir et les ressources économiques. (CG)