Bruxelles, 18/04/2012 (Agence Europe) - Le groupe à haut niveau de l'UE sur le vin, qui commence ses travaux ce jeudi 19 avril, évoquera la question sensible des droits de plantation de vigne. Il a été créé à l'initiative du commissaire européen à l'Agriculture Dacian Ciolos, en réaction à la demande de 15 pays de l'UE de prolonger les droits de plantation au-delà de 2015. Ces pays jugent qu'une telle libéralisation provoquerait une surproduction qui pèserait sur les prix, favoriserait l'implantation de grands groupes au détriment des petits producteurs et inciterait à une production industrielle préjudiciable à la qualité.
Le groupe à haut niveau (composé de représentants des États membres, de la Commission et avec la participation de certains représentants du secteur) devra examiner la manière dont fonctionne le système des droits de plantation dans les différents pays de l'UE et quel est son impact sur le secteur du vin et sur les vignerons. Il analysera les effets de la fin du système des droits de plantation. Il devrait se réunir à quatre reprises et d'ici à la fin de l'année il présentera des recommandations au commissaire. La Commission insiste sur le fait que la fin des droits de plantation est l'un des éléments du paquet sur la réforme en 2008 de l'organisation commune du marché vitivinicole. Si des États membres demandent de prolonger le système des droits de plantation, il y a des autres éléments qui sont liés à ce sujet, indique-t-on à la Commission. Celle-ci-attend que des solutions concrètes soient mises sur la table du groupe à haut niveau, de façon à préparer une éventuelle proposition qui serait négociée parallèlement à la réforme de la politique agricole commune (PAC).
Le sort à réserver aux droits de plantation viticoles est très controversé au sein de l'UE. Au Conseil Agriculture, 222 voix sont maintenant favorables au maintien des droits, et il en manque 33 pour parvenir à la majorité qualifiée. Les pays contre la libéralisation des droits de plantation sont: Allemagne, France, Italie, Espagne, Portugal, Hongrie, Autriche, Roumanie, Luxembourg, Chypre, République Tchèque, Slovaquie, Grèce, Slovénie et Bulgarie. La proposition de la Commission européenne sur la réforme prévoit la suppression de ce régime à compter du 1er janvier 2016 (avec possibilité pour les pays qui le souhaitent de le maintenir jusqu'au 31 décembre 2018).
La réforme de 2008 a permis aussi la suppression des aides à la distillation, la mise en place d'un régime d'arrachage volontaire (165 000 hectares de vignes arrachées), de faciliter l'adoption des nouvelles pratiques œnologiques, d'améliorer les règles en matière d'étiquetage et de maintenir la pratique de la chaptalisation (ajout de sucre). (LC)