Strasbourg, 18/04/2012 (Agence Europe)- Le Parlement européen se soucie de la place des régions ultrapériphériques (RUP) dans les politiques de l'UE. À la veille d'une nouvelle programmation financière qui risque de procéder à des coupes dans les fonds européens destinés aux RUP, les eurodéputés font un appel du pied à la Commission et demandent un traitement différencié pour ces régions, en fonction de leur singularité. Les députés ont adopté en séance plénière le rapport de Nuno Teixeira (PPE, portugais) sur le rôle de la politique de cohésion dans les RUP dans le contexte de la stratégie 2020, par 565 voix pour, 74 contre, et 21 abstentions, mercredi 18 avril. « J'espère que la Commission européenne prendra en compte dans sa communication sur les RUP, supposée être publiée fin mai, les mesures reprises dans ce rapport. Son adoption est une bonne opportunité pour les RUP de montrer aux institutions leur volonté d'atteindre les objectifs d'une croissance intelligente, durable et inclusive », explique le rapporteur.
Politique de cohésion. Les parlementaires montent au créneau en réalisant que la dotation supplémentaire pour les RUP du Fonds européen de développement régional (FEDER) pour la période de programmation 2014-2020 pourrait être diminuée drastiquement. Ils demandent que les aides européennes demeurent au moins identiques à celles du cadre financier actuel. D'autres domaines de la politique de cohésion seraient aussi exposés dans les prévisions du prochain cadre financier à une coupe de 5,1% en prix constant de 2011, s'alarme le Parlement. Par ailleurs, les députés veulent aussi éliminer le concept de PIB par habitant comme critère d'éligibilité pour l'obtention de fonds structurels européens, et demandent que les RUP soient systématiquement considérées comme des régions moins développées. De la sorte, il est important aux yeux des députés que toutes les RUP bénéficient d'un taux de cofinancement de l'UE à hauteur de 85% pour toutes les aides européennes.
Tenir compte des RUP dans toutes les politiques UE. Bon nombre de politiques européennes devraient mieux s'adapter aux spécificités des RUP afin d'en tirer parti. En matière de pêche et de politique maritime, il s'agit de faire preuve d'une gestion et d'une exploitation durables des ressources marines des RUP. L'espace unique de transport ne devrait pas exclure les RUP, mais au contraire réduire leur déficit d'accessibilité. Des aides européennes pour les transports en commun, ou le transport maritime entre les îles seraient les bienvenues, estiment les députés. M. Teixeira insiste donc pour que le mécanisme pour l'interconnexion de l'Europe et les réseaux de transport européen fassent référence explicitement aux RUP. Enfin les politiques européennes devraient encourager une utilisation adéquate des ressources énergétiques, et soutenir le développement des énergies renouvelables, ce qui permet aussi de lutter contre le changement climatique. Mais les Verts regrettent que le rapport n'aille pas plus loin: « Force est de constater la frilosité inacceptable des députés face aux propositions des Verts en matière d'environnement. À ce titre, nous avons proposé d'inclure un critère lié au changement climatique pour chaque projet financé par la politique de cohésion, mais en vain », a réagi Catherine Grèze (Verts/ALE, française).
L'eurodéputé Patrick Tirolien (S&D, français) a tenu à rappeler à l'occasion de ce vote que l'imminente évolution du statut de Mayotte vers celui de RUP devrait faire l'objet d'un accompagnement spécifique. (MD)