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Bulletin Quotidien Europe N° 10595
ÉCONOMIE -FINANCES - ENTREPRISES / (ae) france

La crise de la dette fait irruption dans la campagne présidentielle

Bruxelles, 16/04/2012 (Agence Europe) - À moins d'une semaine du premier tour de la campagne présidentielle en France, les deux candidats en tête dans les sondages ont pris position, ce week-end, sur deux questions liées à la crise de la dette souveraine dans l'Eurozone. À droite, le président sortant Nicolas Sarkozy a prôné une implication de la Banque centrale européenne (BCE) en faveur de la croissance, tandis qu'à gauche le candidat socialiste François Hollande s'est opposé au nouvel instrument financier de couverture contre la hausse du taux d'intérêt fixé sur la dette française échangée sur les marchés.

« La conviction profonde du gouvernement allemand est que la BCE exerce son mandat de manière totalement indépendante de la politique », a déclaré, lundi 16 avril, le porte-parole de la chancelière allemande Angela Merkel, rapporte l'AFP.

BCE. « Après ce que nous avons fait pour sauver l'euro, je veux poser non seulement le problème des frontières mais aussi celui de la Banque centrale européenne dans le soutien de la croissance. C'est une question très importante que nous ne pourrons pas éluder. Si l'Europe ne veut pas perdre pied dans l'économie mondiale, elle doit absolument renouer avec la croissance », a indiqué M. Sarkozy. Prônant une Europe de « la production », de « l'investissement », il a évoqué « les limites » des règles fixées dans le Traité de Maastricht instituant l'union monétaire. Et d'ajouter: « Nous avons le devoir de réfléchir à cette question, parce que cette question est un problème majeur pour l'avenir de l'Europe. C'est un problème de stratégie pour l'Europe. L'Europe doit apurer ses dettes, elle n'a pas le choix, mais entre la déflation et la croissance, l'Europe n'a pas davantage le choix, parce que si l'Europe choisit la déflation, alors elle disparaîtra ». Le président sortant n'a pas détaillé quelles actions la BCE pourrait prendre. Plutôt que de changer les statuts de l'institution européenne, il s'agirait de mener un dialogue sur une politique de change au service des exportations, indique le quotidien Les Échos. Rappelons que, au plus fort de la crise de la dette souveraine, la France a préconisé de doter le futur Mécanisme européen de stabilité (ESM) d'une licence bancaire pour lui donner accès aux liquidités illimitées de la BCE, afin de contourner la disposition du traité lui interdisant de financer la dette des pays de la zone euro. Une idée constamment rejetée par Berlin.

'Future'. La gauche française est vent debout contre le nouveau contrat à terme sur la dette française de long terme que la société Eurex, une filiale de Deutsche Börse, a mis sur le marché lundi 16 avril, après autorisation de l'Agence française du trésor (AFT). Échangé de gré à gré, ce contrat 'future' permettra à un investisseur de se couvrir contre les fluctuations du taux d'intérêt fixé sur la dette française, actuellement proche de 3%. Ses promoteurs y voient un instrument favorisant la liquidité des marchés, ses détracteurs dénoncent un instrument pouvant servir à spéculer contre les obligations françaises. En tête au second tour des élections présidentielles selon les sondages, M. Hollande a dit au site Internet Mediapart qu'il souhaitait l'interdiction de ce produit financier. Il s'est appuyé sur la déclaration du président de l'Autorité française des marchés, le socialiste Jean-Pierre Jouyet, selon qui l'introduction du 'future' ne constitue « pas un bon signal » dans le contexte actuel. Pour Pascal Canfin (Verts/ALE, français), « ces contrats peuvent être utilisés aujourd'hui utilisés pour prendre des positions purement spéculatives… par exemple après le 6 mai prochain », date du second tour des élections en France. Dans une tribune au quotidien La Tribune, il reproche à l'AFT de n'avoir pas assorti son autorisation de conditions obligeant l'une des deux parties à la transaction sur le contrat 'future' à « détenir effectivement de la dette française », comme ce sera bientôt le cas pour les contrats de couverture contre le risque de défaut d'un émetteur de titres souverains. (MB)

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