Bruxelles, 16/04/2012 (Agence Europe) - Contrôler la tendance au gigantisme des paquebots, définir des zones de navigation à éviter, renforcer la formation du personnel navigant, mais aussi mieux définir les modalités des compensations des préjudices environnementaux: telles sont les mesures que préconisent les régions maritimes, trois mois après le naufrage du Costa Concordia, pour prévenir d'autres naufrages catastrophiques à l'avenir.
À l'heure où la Commission ouvre une consultation publique sur la sécurité des navires à passagers (voir autre nouvelle), les régions côtières attirent l'attention des institutions européennes sur ce qu'il y a lieu de faire pour améliorer la sécurité maritime. La conférence des régions périphériques maritimes (CRPM) détaille sa position dans « la déclaration du Giglio », résultat des débats tenus lors de la conférence sur la sécurité maritime ces 12 et 13 avril sur l'île du Giglio, en Italie, à un jet de pierre d'où gît le bateau de croisière Costa Concordia, échoué en janvier cette année.
La CRPM met en évidence les dommages causés par les naufrages sur les régions, dont la croissance dépend aussi pourtant de l'industrie maritime et de croisière ; d'où la nécessité de les associer lors des travaux menés à l'international pour tendre vers le niveau zéro accidents. Les régions côtières ne voient pas d'un très bon œil la tendance au gigantisme qui pose question tant au niveau de la stabilité des bâtiments que de l'évacuation d'un grand nombre de passagers de croisières. Il serait judicieux de contrôler davantage le trafic maritime et de prévoir d'établir des zones de navigation à éviter tant pour leur degré de dangerosité que d'un point de vue environnemental, ainsi que de former l'équipage aux procédures d'évacuation. Pour la CRPM, il est important aussi d'affiner les législations en matière de préjudices écologiques, en reconnaissant ces derniers en tant que tels et en facilitant l'établissement de responsabilités pour permettre une juste compensation. Enfin, les régions pointent du doigt les gouvernements nationaux européens qui tardent à transposer dans leurs législations des actes du paquet Erika 3. D'ailleurs la CRPM pousse pour l'établissement d'un quatrième paquet pour aller plus loin encore en matière de sécurité maritime. (MD)